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L'Homme en Noir

L'Homme en Noir

instants de chroniques pour du temps à perdre !


the chicken man

Publié par Nicolas Koredly sur 6 Juin 2016, 08:45am

the chicken man

Sous les hourras de la foule arrive enfin l'épisode 7 de Game of Thrones, et autant dire que si d'habitude les épisodes 7 et 8 sont plus légers, la fin de série plane sur ces deux épisodes, et on ne prend ni de gants ni le temps d'une pause avant la fin de la saison. Mais est-ce que c'est bien cet épisode ? Sans plus de palabre, c'est ce qu'on va voir !

On attaque !

1/ Les folles aventures de Paul Bunyan chez les Amish

Okay, un épisode avec un pré-générique... Okay de toute évidence il y a quelque chose d'important... Mais pourquoi j'ai l'impression de voir un épisode version réduit de The Witness ? Où qu'il est Han Solo ? Je pense que comme n'importe qui, j'ai été pas mal chamboulé par ce début d'épisode, au point de m'être demandé si OCS avait pas décidé de virer tout simplement le générique parce qu'au bout d'un moment il n'est plus aussi original.

Et en fait non, tout était fait pour nous teaser le retour de Sandor Clegane, qui est apparemment occupé à rendre service à une communauté d'Amish qui s'amuse à construire des septuaires dans les alpages. Cette iconisation du personnage est toute particulière, et le rapproche d'un personnage issu du folklore américain : Paul Bunyan.

Si Sandor reste toujours Sandor, les auteurs et le réalisateur décident dans cet épisode d'en faire un bucheron, géant, toujours debout (même quand les autres s'assoient) et finalement presque protecteur avec cette communauté pourtant si différente de lui. Sandor devient donc, au détour d'une saison placée sous le signe du renouveau, la représentation du héros américain par excellence :

Fort, avec un passif violent et immoral, en quête de rédemption, et finalement souvent accompagné d'un discours religieux, et bien sûr il se remettra sur la route de la violence pour venger ceux qu'ils tenaient comme si éloignés de lui. Ici, le doyen de l'Ile de Repose prend le rôle d'un pasteur, et il faut bien avouer que dans cette série envahie par les fanatiques en tous genres, ça fait du bien. Entendons nous que je ne suis pas religieux, et que je suis même contre les religions, mais je sais faire une différence entre les curés de campagne et les évêques ultra corrompus membres de l'opus dei.

Ces séquences sont aussi là pour montrer comment la pureté, où qu'elle soit, ne reste pas pure très longtemps. L'intervention de la Fraternité Sans Bannière, qu'on n'a plus revue depuis la saison 3, replace ceux qui étaient sauveurs dans la position de belle bande de tarés fanatiques qu'ils peuvent être. Et donc, si dans A Song Of Ice And Fire on est face à un genre qui se rapprocherait de la fantasy réaliste (un peu dans l'ambiance Conan, où la magie n'est pas le centre de tout), Game of Thrones est une œuvre de dark fantasy.

Bien entendu, je m'interroge encore sur la raison qui a poussé la Fraternité Sans Bannière à tuer tout le monde... Je ne crois pas que ce soit eux, ou du moins pas comme ça (si ce sont des fanatiques, pourquoi ont-ils pendu au lieu de bruler le corps ? Si c'est pour la nourriture pourquoi voit-on bien qu'elle git à côté des corps de pauvres gens ? Si c'est pour l'acier pourquoi reste-t-il des armes sur place, dont une encore plantée dans un type ? Sans compter qu'ils ont tiré des flèches, ce qui est gâcher des munitions pour pas grand chose face à des paysans désarmés).

Il y a ce qu'il faut de mystère pour faire de cette scène, et de ce plan final symbolique, quelque chose d'intéressant dont j'ai hâte de voir la suite.

2/ Si Ronsard m'était conté

De séquences plutôt en demi-mesure sur Port-Réal, on arrive à une pluie de moments particulièrement intéressants dans cet épisode. D'abord, on livre enfin une vision fanatique de manière censée liée à la religion des Sept. Car oui, on exprime bien dans cette séquence toute la violence réelle du captain Sparrow, lorsque celui-ci révèle bien que, eyh, si on a sept aspects c'est pas pour rien.

Dès lors que Margaery s'est mariée, elle a cessé d'être une jouvencelle pour devenir une mère en devenir, et donc hopla ma p'tite dépêche toi de nous pondre un chiard, si possible avec un pénis, car après tout tu n'es bonne qu'à ça (de là à la considérer comme une vache et lui dire de faire vite sa parturiente il n'y a qu'un pas). Et dans sa folie, Sparrow n'hésite pas à ouvertement menacer Olenna, seule épine qui reste accrochée à son pied.

Bien sûr, il ne laissera pas Margaery en discussion seule avec sa mamie, et envoie son Unellator (armée de sa légendaire cloche) espionner la vieille. Pour la première fois, je comprends le manque de diplomatie dans la situation, tendue au plus haut point. Au point que oui, j'avais envie qu'un garde débarque et tartine la bonne sœur à coup de sécateur (et c'est très bon signe pour l'actrice, d'être aussi agaçante sans rien dire, y avait que Sophie Turner jusque là qui y arrivait, et elle elle faisait pas exprès).

Mais Margaery, qui sent bien que ça pue, demande à sa mamie gâteau de prendre ses affaires, et allez faut que tu rentres. Et bien sûr elle lui glisse un petit message (donc exit le fait que son esprit ait cédé) qui représente une rose. Le sous-titrage est assez explicite pour dire "t'inquiète, je gère, barre toi de ce merdier." De grandes chances que ça lui retombe sur la tronche, mais bon, ça c'est évident.

Cersei est tout émoustillée par le départ de sa bestie qu'elle utilisait comme dernier rempart contre le vilain Moineau. Sauf que mamie Olenna, elle en a marre de cette grande blonde qui croit avoir inventé l'eau chaude. Elle prend donc soin de rappeler à l'autre connasse que c'est elle qui est responsable de tout ce merdier, qu'elle a mis son trône en danger, simplement parce qu'elle n'a pas réfléchi plus loin que le bout de son nez.

Et Lena Headey en pleurerait presque d'être à présent seule, sans aide. Alors oui, il y a de la colère aussi, mais ce qui domine c'est bien la tristesse d'avoir à ce point échoué, perdu.

3/ Nous partîmes 500 mais par un prompt renfort

Okay, autant dire que la suite de séquences était particulièrement étrange, mais pas inintéressante. Pourquoi étrange ? Parce que ça m'a quand même bien donné l'impression de séquence de jeu de rôle grandeur nature, avec des scènes de diplomatie trop complexes pour l'ensemble.

Si la séquence avec les Sauvageons était bien placée (et merci Wun Wun, j'aime beaucoup l'effet du maquillage et du jeu d'acteur qui te fait toujours douter de la réaction du géant), celle qui suit avec les Mormont particulièrement cool, j'ai un souci avec la maison Glover. Le souci est surtout d'ordre sentimental, je préviens.

Car oui, les Nordiens sont beaucoup plus fidèles que ça, et normalement à part les Dustin (pour des raisons persos), et les Karstark, la plupart sont toujours ultra fidèles à Robb et son souvenir plane au point de mettre les Bolton en situation problématique, au lieu des loyalistes. MAIS je comprends l'idée derrière tout ça.

Le but est de faire douter, ainsi que de coller les héros de cette histoire face à un défi insurmontable. Comme souvent, le héros est celui qu'a la plus petite armée et la situation la plus désespérée.

Et tel un Théoden, Baelish va débarquer avec l'armée Arryn pour sauver l'issu de la bataille, et Sansa sait d'avance qu'elle n'a pas le choix, tout comme elle sait qu'elle ne devrait pas faire une connerie pareille. Laisser Baelish faire ça, c'est le laisser prendre le Nord, avec une autorisation écrite émanant d'une Stark... Bonjour l'ambiance.

Revenons un instant sur la séquence chez Lyanna Mormont, laquelle avait gentiment envoyé une baffe dans le museau de Stannis la saison précédente.

D'abord, okay le panel est très beau, quasi paradisiaque, mais fait juste un peu fake. Okay ensuite, l'actrice est mignonne et ne joue pas trop mal au vu de son âge, et oui on a l'impression qu'elle est hissée sur un strapontin pour dominer ainsi son fauteuil et sa table.

La grande force de la séquence est d'appliquer la recette gagnante de lignes de texte bourrines dans la bouche d'un personnage qui ne l'est pas. Il suffit de voir la quantité de memes qui circulent pour comprendre que oui, ils ont fait mouche avec ce perso. Lyanna est donc autant un personnage relativement facile qu'un outil marketing de plus placé très intelligemment avant une scène importante.

Reste qu'il est dommage de se reposer sur de tels artifices, car non elle est loin d'être aussi terrible qu'elle essaye d'en avoir l'air, et cela donne un aspect plus comique qu'autre chose (là où une fille plus âgée aurait pu avoir un jeu de finesse plus développée).

4/ La fable du Poisson et du Lion

Retrouvons maintenant nos deux couillons du jour, à savoir Jaime et Bronn (oh tiens, il est de retour), envoyé dans le Conflans pour assiéger ce pauvre Brynden Tully qui semble tenir Vivesaigues pendant que devant lui se trouve un rassemblement de clochards avec des tentes quechua (en même temps moi aussi j'aurais peur si j'étais attaqué par les enfants de Don Quichotte).

Brynden semble plus désabusé que jamais, notamment quand il contemple son neveu se faire menacer. Et tous les figurants ont le même visage, ce n'est pas tant qu'ils n'ont aucune crainte de la mort que le fait d'avoir la haine. Oui, chacun semble prêt à courir assassiner le Régicide ou Walder le Noir.

Ce sort presque tragique qui plane prend tout son sens quand Jaime rencontre Brynden sur le pont. Il maitrise parfaitement son orgueil de lion, mais fait face à un individu qui n'en a plus. Les souffrances provoquées par les Frey en ont fait un homme vide, rempli de rancœur.

Il est très difficile de ne pas le comprendre, voire l'applaudir, tant il semble n'avoir plus rien à perdre. Dans les romans, il est dans le château avec Jeyne, la femme de Robb, et reçoit sans doute des nouvelles qui lui donnent encore du courage.

Là, c'est sans doute Brienne qui apportera les nouvelles salvatrices, mais en attendant, Brynden incarne seul la vengeance profonde, violente, quasi divine que doivent subir les Frey.

Oui le dialogue est classe... Bon, c'est quasiment le même dans le roman, mais qu'importe.

5/ Bienvenue sur 107.7 FM

On aborde les deux séquences les plus courtes de cet épisode, chacune avec sa partie, et on commence par Volantis. Et oui, sur leur autoroute vers Meereen, Yara décide de faire une pause sur l'aire d'autoroute "pont de Volantis" avec son célèbre bar à saucisse deux étoiles dans le bonhomme Michelin.

Cette séquence a posé beaucoup de soucis, notamment parce qu'elle fait du personnage de Yara une lesbienne (ou du moins bisexuelle) quand dans le roman, on ne lui connait que des relations avec des hommes. Je comprends que ça pose souci parce que oui, ça tourne encore à du racolage bas du front à base de demoiselles se faisant des gouzi gouzi sur le pilou-pilou (ce sera mon hapax pour désigner le sexe féminin).

Au-delà du racolage, il y a un côté très terre à terre, de la tradition du marin à avoir une femme dans chaque port. Bien entendu, il aurait été mieux de féminiser la chose avec un marin dans chaque port... Mais admettons.

Après, notre petit comité de spectateurs est d'accord pour attendre avec impatience qui de l'eunuque ou de la pirate lesbienne des mers va tenter de séduire Daenerys.

6/ hip, hip, Braavos

Retrouvons Arya, bien décidée à se barrer de Braavos. Le plan peut sonner très stupide, mais il a pour moi un probable sens. Arya a vu les Sans-visages privilégier les assassinats discrets, or, si elle se montre dans la foule, ça peut relativement la protéger. Après, j'aurais tendance à dire que quoi qu'il arrive, elle est foutue, donc dans ce cas autant se dépêcher de mettre les meilleures chances de son côté pour partir de là en vitesse.

Ensuite, méfiez-vous des petites vieilles et n'hésitez pas à les abattre sans sommation en cas de souci, ou de doute quant à leur véritable nature.

Reste donc que la séquence n'était pas si horrible que ça, notamment parce que maintenant Arya ne peut plus fuir, et n'a d'autres choix que de contre-attaquer (et après tout, une âme est demandée par le Dieu de la Mort).

7/Les -, les + et bilan

les - : - transformation inutile de Yara en lesbienne (sauf si elle demande à épouser Daenerys)

- la séquence d'Arya, un peu trop spéciale.

- Sophie Turner, un peu saoulante dans son attitude, le revenge movie m'a toujours gavé de toute façon

les + : - toutes les séquences avec Sandor, qui le placent dans un vrai contexte de héros à l'américaine.

- Port-Réal et la déculottée de Cersei avec une Olenna paniquée (bien que j'aie du mal à comprendre pourquoi)

- Le Silure est de retour, et ça c'est bon ma gueule ouais !

Cet épisode 7 s'annonce actuellement comme le seul que j'ai vraiment pris plaisir à revoir plus d'une fois pendant l'écriture de ces critiques. Loin d'être parfait, il embrasse néanmoins tout ce que le format visuel de la série peut offrir, mais présente aussi ses failles. La série a tout réduit, en termes d'effectifs, de distance, et de taille. Cette observation amène bien vite un constat cruel, sans les dragons, rien ne pourra arrêter les Autres.

Les armées sont tellement réduites, tellement rapetissées que l'univers semble trembler face à une dizaine de moineaux en haut des marches, et personne ne s'inquiète d'envoyer ad patres une famille qui peut normalement aligner plusieurs dizaines de milliers de guerriers et raser trois fois Port-Réal à coup de trébuchet. Tout ça rend la chose moins prenante, moins palpable, et contribue au fil du temps à la ramener à ce que le budget cadre de lui-même la menace.

Bien triste en effet, et espérons qu'ils arrivent néanmoins à offrir un spectacle à la hauteur de ce qu'ils avancent pour la fin.

8/ Auto-promo

Je vous rappelle à tout hasard qu'il y a une page facebook ici : https://www.facebook.com/Nico.Koredly/

Une page tipeee là : https://www.tipeee.com/les-critiques-de-l-hommes-en-noir

Je lance une deuxième salve d'appel à témoignages sur le monde geek ici : http://homme.en.noir.overblog.com/2015/05/appel-a-temoignage.html

Voilà voilà, n'oubliez pas de liker, de commenter, et critiquer, et nous nous verrons bientôt.

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