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L'Homme en Noir

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instants de chroniques pour du temps à perdre !


Logan : Fury Road (2017)

Publié par Nicolas Koredly sur 6 Mars 2017, 18:30pm

Logan : Fury Road (2017)

Le silence était long, mais le silence est d'or. Il y a beaucoup de choses à rattraper, et le soucis c'est qu'on le fera progressivement, en oubliant des morceaux sur la route. Et en parlant de perdre des morceaux, comme vous l'aurez compris, on va maintenant parler d'un film recemment sorti, Logan.

En préambule, je tiens à préciser pour ceux qui débarquent et ne me connaissent pas encore que NON je ne suis pas fan de Marvel, et qu'étrangement, OUI j'ai beaucoup aimé les films précédents sur l'univers personnel de Wolverine/Hugh Jackman. A l'heure actuel, il s'agit pour moi des films les plus personnels et qui possèdent une vraie vision, et une tentative épisodique de proposer quelque chose de risqué. (attendez vous aussi à ce que je spoile ici)

Allez, en un mot comme en cent, on attaque !

1/ Un dernier coup de griffe

Autant le dire, si on en parle, on le spoile. On retrouve donc wolverine, qui ne se fait plus appeler comme ça (seul les méchants lui administre ce surnom), mais a reprit son vieux pseudo de Logan. Et il n'a pas que son pseudo de vieux, car Logan souffre d'une maladie chronique qui l'empoisonne, et lui fait perdre peu à peu ses pouvoirs de mutant (notamment la guérison).

Résultat, ses blessures ne guérissent plus aussi vite, le simple fait de sortir ses griffes fait couler du pus de ses mains, et il est même forcer d'aller chercher l'une d'elle à la main. AMBIANCE !!

Et on retrouve aussi Xavier, ce cher vieux professeur X, victime d'une maladie dégénérative, qui lui fait peu à peu perdre le contrôle de son pouvoir. Wolverine étant le seul type qui peut encaisser une telle décharge de puissance (et surtout le dernier des x-men encore en vie), il s'occupe du vieil homme et n'a qu'un seul projet, partir au milieu de l'océan, loin de tout.

Oui oui, Logan veut se reconvertir en pêcheur et aller taquiner le merlan au milieu de l'océan. Dans les faits, il espère surtout s'éloigner pour mourir le plus loin possible des humains... Faut dire que notre cohabitation l'a toujours fait souffrir, alors autant qu'il parte en paix.

Sauf que le destin s'acharne, et c'est parti pour subir une gamine non prévue, dans un road trip infernal.

2/ Immortan Trump

L'actualité américaine étant ce qu'elle est, difficile de ne pas voir les innombrables parallèles entre l'élection du nouveau président et l'intrigue de ce Logan. Si jusque là, les mutants étaient souvent considérés comme des homosexuels dans la timeline principale (fait par bryan singer), comme des figures mythologiques quasi divines (x men apocalypse et le combat de l'immortel), là, on les rapproche sans trop de difficulté de "l'autre".

Et l'autre, ici, il est principalement mexicain. La jeune Laura vient de Mexico, et c'est bien au Sud d'un mur gigantesque et plus garder qu'une forteresse que vivent au début du film Logan et Xavier. Le film n'hésite pas à dépeindre un pays comme les Etats-Unis sous l'ére trump, tel qu'imaginer si on suit à la lettre ses mots.

C'est là une grande force de ce film, montrer exactement ce que devient le monde sous Trump. Un mur gigantesque, des machines industriels quasi démoniaque qui essaiment des pesticides tueurs sur du maïs, des organisations privées et paramilitaires qui font office de loi pouvant débarquer avec des chars d'assauts en pleine ville sans rien risquer.

James Mangold, un grand réalisateur relativement discret, distille dans tout son film à la fois un sentiment d'impuissance et de colère incarné par son personnage, détruit et brisé, mais qui trouve dans la rage une façon de fermer le cercle et de finalement se révolter.

3/ I walked the line

Difficile de parler de James Mangold sans revenir sur deux films qui sonnent comme des préquels à ce Logan : 3h10 pour Yuma et bien sûr Cop Land. A son 3h10 pour Yuma, il emprunte le ton western, son personnage proche d'un eastwood dans Impitoyable, et dans Cop Land son traitement à revers d'un personnage icônique (là où il parlait de Stallone, c'est ici Hugh Jackman qui est la cible).

Comme les deux films précédents, on est là face à un hommage au Western, mais cette fois ci en y inversant certains codes liés à l'époque. La fuite des héros ne se fait pas de l'Est vers l'Ouest mais du Sud vers le Nord, et la volonté d'atteindre le canada. Canada qui, je le rappelle, est la nation d'origine de Wolverine.

Malgré son désir de s'enfuir, c'est finalement un retour aux origines qu'il opère, jusque dans cet affrontement avec un double de lui-même plus jeune, plus fort et bien moins humain. Il convoque même ce retour aux origines lorsqu'il se retrouve chez des gens, hébergés (vous savez, comme dans x-men origins) et qu'à nouveau il est "responsable" de leur décés.

Mangold joue énorménent sur le passé du X-man, et le renvoie systématiquement à sa difficulté à s'occuper des autres, lui qui se retrouve avec un Xavier allité, forcer à le conduire jusque dans les toilettes, et sans doute à le laver.

Mais, trois fois mais, ce n'est pas là une déchéance. Non non non, c'est bien dans la continuité de ce qui a été construit sur tout les précédents films. Wolverine, qui a toujours était dans le jeu de fuite/accrochage avec la responsabilité des autres, lui qui a était tellement en conflit avec Xavier se retrouve son seul ancrage.

4/ Le chant du loup

C'est la fin de Wolverine, et rien ne permet d'en douter (des trailers jusque sur l'affiche). La force étant qu'au lieu de le faire lutter jusqu'à la fin sans but autre que la victoire, l'ajout de Laura (alias apparement X-23) apporte un cachet supplémentaire, à savoir quel sera l'héritage que laissera Logan.

Loin d'être anodin, cette question est le noeud même de l'intrigue, car il devient très difficile pour le personnage principale d'accepter de laisser quelque chose derrière lui. Et ce qui l'inquiète, ce qui le trouble, c'est que cette enfant que tout le monde ne cesse de lui jeter dans les pattes à grand coup de "c'est ta fille" est la digne héritière de sa propre violence, de son animalité qu'il a mit tant de temps à contenir et qui l'a épuisé au fil des décennies.

Il ne faut pas se fier à l'affiche trompeuse, car il est loin d'être aussi attachant, n'ayant jamais le moindre geste affectueux envers elle, lui parlant comme à un animal et tentant juste de fuir le reflet qu'il voit en elle. Et finalement, ce n'est que lorsqu'il accepte sa fin, comme unique aboutissement de ce qu'il aura pu accomplir, qu'il devient prêt à se sacrifier dans une tornade de rage et finalement de passer le flambeau de la plus belle des manières à cet héritage qu'il rejette.

Certains reprocheront l'aspect attendu de la scène, mais il sera tenu par la performance de deux acteurs merveilleux et touchant, à savoir Hugh Jackman et la petite découverte qu'est Dafne Keen.

5/ Dans les larmes et le sang

Mais à côté de l'émotion, il y a aussi la technique et la qualité visuel de l'action. Si le côté sanglant est très proche d'un deadpool, à base d'hémoglobines en CGI, l'utilisation de mannequin et de latex rend tout de même un bel hommage au côté grand guignol du cinéma d'action.

L'un des aspects qui m'a beaucoup plu reste le côté de moins en moins esthétique des batailles livrés par Logan, qui démarre en force en massacrant quelques voleurs de jantes et continuent en perdant peu à peu sa force, ses capacités, sa puissance.

L'apogée de sa puissance vient pendant la scène de Las Vegas, ou son pouvoir et sa capacité à encaisser permet seulement qu'il puisse se déplacer tandis que Xavier inflige des dégats mentaux à tout ceux autour de lui. Logan devient donc subitement une arme lente, implacable, et on observe ses adversaires qui le regardent approcher comme la faucheuse et n'ont aucune chance de lui échapper.

La scène finale, dans les bois du dakota, voit un Logan affaibli, tenu seulement par la drogue, donner de ses dernières forces et se contenter d'avancer et de frapper ses ennemis, n'ayant plus la force d'éviter leur coup, de les parrer, il avance vers sa fin. Ce final, larmoyant (et un brun flippant avec l'éxécution la plus "pouvoiresque" de l'histoire), place un héros cruxifié, empalé sur un tronc d'arbre de la plus sale des manières.

Logan meurt salement, et est enterré dans l'anonymat le plus complet, tout comme Xavier. Ces deux individus, fort d'une vie de sacrifice et d'avoir sauver tant de gens, finissent en paix, à l'écart.

6/ Conclusion.

Oui, Logan m'a fait tirer quelques larmes. L'appel lancé par ce film, la volonté affiché de croire encore malgré le désespoir qu'un échappatoire est possible, le jeu des trois acteurs principaux, des trois générations qui se côtoient et se cherchent, et finalement trouvent leur rédemption les uns dans les autres laisse une touche de lumière tout agréable.

Toute proportion gardée, c'est exactement la même chose qui m'avait plu dans le cas de rogue one (mais nous en reparlerons un autre jour). Logan signe en lettre d'or son passage dans l'histoire du cinéma, notamment pour avoir réussi à icôniser Hugh Jackman dans ce rôle pendant 17 ans, et pour finir sur un plan qui le place au même point que Jésus, et ouvre à ce sympathique australien les portes du panthéon mythologiques du 7e Art.

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