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L'Homme en Noir

L'Homme en Noir

instants de chroniques pour du temps à perdre !


Justice for all

Publié par Nicolas Koredly sur 15 Novembre 2017, 20:36pm

Justice for all

Inutile de dire aux gens qui me suivent depuis longtemps combien je conchie notoierement sur Zack Snyder, et combien mon amour de DC a été mis à mal dans les derniers temps. Si je n'ai pas (encore) parler de Wonder Woman, il s'avère qu'il avait déjà amorcé un départ qui s'annonçait positif... Mais on y reviendra, promis.

Ce Justice League a souffert dans sa conception, et devait déjà faire suite à l'un des films les plus décriés et jetés au banc des films de super-héros DC. Deux réalisateurs ont du s'y pencher en raison d'une tragédie personnel de Zack Snyder ( pour rappeler aux gens ce que je pense de Joss Whedon : http://www.homme-en-noir.com/2015/05/avengers-2-qui-vengera-les-vengeurs-2.html ), sans compter une présence plus importante d'un producteur plus discret que Kevin Feige, qui ne vient pas vraiment de la production, mais d'autre chose.

En un mot comme en cent, on attaque !

1/ Justice League Assemble

L'histoire de ce Justice League est loin d'être le point fort. En gros, après avoir vu des images qu'ils considèrent comme une vision du futur, et après avoir tenté de tuer (on sait toujours pas pourquoi) la seule chance de l'humanité, Batman essaye de rassembler une équipe pour arrêter une invasion de vilains alien.

Comme il se rend bien compte que c'est pas vraiment une réussite, et que même en cumulant les pouvoirs du mec qui parle avec le poisson, de celui qui court vite, ou de l'homme-machine qui peut être un traitre, il va avoir de sérieux problème avec pour seule alliée Wonder Woman...

Heureusement, Superman revient (TADAAA Révélation à laquelle tu t'attendais pas, genre c'est aussi bien caché que la mort de Han Solo), ressucité à l'occasion d'un plan génial qui consiste à jouer à frankenstein avec un gros cube démoniaquo-magique... C'est TGCM, c'est inutile, mais bref.

Finalement, baston, couleur rouge dégueulasse, baston, le monde est sauvé, scènes post-générique, course à pied, blague... Toussa

2/ Beau comme une bière sur un hummer

Principal défaut de ce JLA, oui il est moche, comme quasiment chaque film de Zack Snyder me direz-vous ? Moins pire, mais ça dépend des moments. L'utilisation des ralentis rend le tout souvent visuellement effrayant, les scènes d'actions sont illisibles et on se surprend à espérer qu'il y en ait le moins possible.

Le point culminant est la bataille finale, avec un filtre rouge "apokoliptique" particulièrement dégueulasse, C'est pas tant que le choix d'un filtre ne se justifie pas, et on sent qu'il y a eu une pression sur Snyder pour lui dire qu'il existe des nuances dans les couleurs (et qu'on est pas obligé d'avoir un film terne pour avoir un bon film), mais le rendu est grossier.

Les scènes d'actions sont toujours aussi mal filmer (en même temps c'est quelque chose que ni snyder ni whedon ne savent faire, ceci explique cela), les design des véhicules de batman hideux (mention spécial pour le "nightcrawler", genre d'araignée mécanique immonde qui rappelle les heures les plus sombres de Wild Wild West).

Je sais qu'il y a eu des critiques concernant le sexisme du film. A ceci deux choses que je me dois de dire : les gens, si vous avez entendu JLA pour vous plaindre du sexisme de Zack Snyder, vous êtes mauvais, surtout que c'est loin d'être l'exemple le plus probant. Ce film est moins graveleux que pouvait l'être Batman V Superman, attention c'est pas merveilleux, mais pour moi le plan le plus honteux reste pour une fois celui sur un homme (mais j'y reviendrai juste après).

Concernant les choses qui ont fait gueuler : Oui, les tenues des amazones sont plus ridicules que dans Wonder Woman, mais en même temps le tout est noyé dans les sommets de virilisme ultra que prone sans vergogne Snyder. Le problème, c'est que son esthétique noie ses quelques bonnes idées (oui, il y en a), je reviendrai plus loin sur le générique, mais il faut ici parler de la course des amazones :

Le méchant, SteppenWolf, veut récupérer des cubes qui se trouvent entre les mains des amazones, des atlantes et des humains. Il commence par les amazones et attaque l'ile de Thémyscira. La séquence qui suit montre les amazones fuirent et se passer le cube de manière plus ou moins original (par exemple, l'une d'entre elle attache une corde au cube et tire une flèche pour le propulser plus loin). Cette idée EST intéressante, pour de vrai tout plein, sauf qu'elle est mise en scène avec une utilisation du ralenti, histoire d'appuyer la tension, ce qui rallonge artificiellement la séquence, minimise l'impact, et finalement rend le tout moche. C'est pas irregardable, mais d'une bonne idée scénaristique, la mise en scène ne suit pas.

Obligé de conclure une séquence qui aurait pu se poser sur cette course, réelle, et peut-être même durer un peu plus, Snyder se sent obligé de rajouter d'un coup 5000 guerrière amazones à cheval qui chargent (sans aucun sens, étant donné qu'il n'y a qu'UN ennemi, mais j'y reviens après).

Le film rate donc sa tentative d'hommage à Alex Ross, malgré l'affiche qui semblait le promettre, et c'est bien dommage (hommage - dommage). Pour information, Alex Ross est un dessinateur de comics qui fait de l'ultra réalisme (regardez : http://amazingstoriesmag.com/wp-content/uploads/2015/06/6_Alex_Ross_JLA_The_Original_Seven_2000.jpg ), et joue sur la lumière et les couleurs comme rarement j'ai pu voir, donnant clairement lieu à des peintures proches des carcans de la renaissance. La BD emblématique à laquelle il a participé, Kingdom Come, est même en soit l'anté-Frank Miller... Donc clairement il y avait peu d'espoir que Snyder renie à ce point son maitre à penser, mais on pouvait espérer.

3/ Ouille ouille ouille j'ai mal à mes testicouilles

J'ai vu le film, et les scènes qui ont dérangé dans cette histoire me paraissent "soft". Oui, au regard de son passé cinématographique, que Snyder montre le nombril des amazones (de certaines, faut pas non plus aller jusqu'à dire qu'il a entièrement changé l'esthétique du peuple), ou que Flash se retrouve dans le décolleté de Wonder Woman n'est pas choquant... Dit comme ça, vous vous faites une fausse idée, mais le sens comique de la scène est plus la réaction de Flash, pour un plan qui dure 1 seconde (c'est inutile, c'est pas drole, mais c'est pas grave, ce qui est déjà un mieux).

Le problème vient davantage du traitement des hommes, notamment de Batman qui est le personnage qui souffre le plus dans cet épisode. Vous allez me dire, dans l'épisode précédent c'était bel et bien Superman qui souffrait. Là, ils ont le cul entre deux chaises, et si Batman ne massacre plus les criminels, ne les marquant plus au fer rouge, il ne les arrête plus non plus... Oui, on le montre dans sa scène d'introduction capturer un vilain, enfin l'enrouler dans un cable... Mais juste pour le montrer à un méchant extraterrestre, puis avoir un dialogue un peu étrange avec le criminel et le laisser là, sur le toit, tranquillement.

Batman a droit à un plan absolument awkward, où, à terre, on constate avec une certaine gêne la bosse étrange au niveau de l'entre-jambe, dépassant largement des cuisses ultra musclé, donnant au tout une allure ridicule de moule-burne décomplexé à la cuir moustache...

Et puisqu'on parle de moustache, et qu'on parlait de truc moche, comment ne pas parler de la disparition numérique de la moustache d'henry cavill, qui fout la merde et rend des scènes intéressantes particulièrement dérangeante, à cause du sentiment réel d'inquiétante étrangeté à voir un acteur donc les lèvres supérieures sont recréées numériquement. C'est choquant, surtout quand on sait que ça doit servir pour un autre film...

L'autre point, et le dernier pour cet aspect sur lequel je souhaitais revenir et la nécessité de faire de l'énorme. A l'image de l'entrejambe de batman, le film se fait un étendard de faire plus gros, plus grand, encore plus gros, au point d'en être ridicule. Comme je l'ai dis, difficile de ressentir de l'épique à la charge de 5000 amazones contre un seul type (concrétement, ta charge ne sert à rien, vu que tu vas forcément devoir rentrer dans tes camarades pour toucher le méchant, et finalement faire la queue pour espérer le taper...)

C'est incohérent, et se met au service de la folie des grandeurs de Snyder, et de son besoin étrangement pathologique de compenser un truc. Comment donc juger d'une telle démonstration pour les amazones, quand on a juste droit à 3 atlantes dans une salle minuscule ? Encore une fois on est donc dans une démonstration fameuse que plus c'est gros, moins c'est bon...

4/ Symbole d'espoir

Là, la plupart des fans hardcores de Snyder sont en train de préparer des croix pour me crucifier... Et merde je vais mettre les pieds dans le plat, j'ai aimé Justice League. Et après avoir écrit des lignes et des lignes sur ce qui ne va pas, et qu'il ne faut pas exclure, il est temps de voir pourquoi j'ai aimé ce film, et ses forces.

D'abord, et avant tout, je pense qu'ils ont enfin comprit la portée de leur personnage, et ça s'exprime par l'intermédiaire de Superman. On y croyait plus, mais applaudissez car, après trois films, HENRY CAVILL A DES EMOTIONS ! HENRY CAVILL SOURIT !!

Je n'en revenais pas, et je pense que c'était la révélation de cet épisode. Ils ont comprit qui était Superman, et résultat on s'attache enfin au personnage.

L'espoir est permit dés les premières minutes. Vous vous souvenez de Batman V. Superman où j'avais très justement expliqué que le début du film m'avait couroussé au point de vouloir démolir le projecteur. Là on commence par un superman filmé par smartphone qui vient de sauver des gens, et plutôt que faire la gueule ou juste resté muré dans son silence, répond à des enfants qui lui posent des questions.

Voilà.

C'était pas compliqué, ça demandait juste de se poser cinq minutes et de réagir avec cette icône comme ce qu'elle est, un symbole. Superman, plus que quiconque, est un symbole, une lumière, un genre d'ange miraculeux qui vient, parce que ton immeuble est en flamme ou parce que ton chat est dans un arbre. Et cette lumière, ce symbole, ça vient de lui, pas de ce que nous nous en projetons. Pourquoi ?

Comme dit par Batman dans ce film, parce que Superman est plus humain que lui, et finalement que nous.  Ce n'est pas un Dieu omnipotent, il a des faiblesses et ne peut pas, par exemple, ressuciter les morts. Et ses pouvoirs, ses pouvoirs fantastiques et phénoménaux, ne sont pas sa plus grande force. Sa plus grande force, c'est que ce type est l'humain le plus humain qui soit.

La BD, et les jeux Injustice se chargent d'ailleurs de nous montrer que, si ce type perdait son humanité, on ne pourrait rien contre lui. Idem pour Red Son... La seule chance face à Superman, c'est d'espérer qu'il soit encore et toujours ce symbole d'espoir.

Dans le film, ça tient par l'apport du personnage de Lois Lane, qui cette fois a enfin quelques scènes avec lui, intéressante et émouvante. Car quand le bougre ressucite, il est un peu chafouin, et Batman fait intervenir Lois en espérant qu'elle sauvera Superman. Et ça marche... Et c'est... merde... Beau...

Tenez, en parlant de scènes d'actions hideuses. La scène où Superman affronte la JLA était très bien. Peut-être justement à cause du fait qu'ils ne sautent pas dans tout les sens, par la vraie tension de ne pas savoir ce qui va se passer jusqu'au moment où le conflit éclate. Les coups de boules à Wonder Woman qu'elle rend dans un affrontement de caractère, et surtout LA scène où Flash tente de contourner Superman et voit, que celui-ci bouge à une vitesse à peine moindre que la sienne... C'est même une bonne utilisation du ralenti... Merde alors...

5/ The Dawn is coming

S'il n'y avait que Superman... Mais oui, tout les personnages ont leur intérêt, leur passé évoqué, et leurs troubles intérieurs, à part un Aquaman légérement en retrait sans doute du au fait que son film est le premier qui sortira sur les écrans. La force de ce film est qu'il se repose, enfin, sur le vrai background de ses personnages.

Flash, qui me faisait très peur, est un comic relief semblable aux comics. Il n'est pas drole pour être drole, il agit et suit l'action, et souffre d'un problème fondamental lié à son pouvoir, il va trop vite. Ses pensées s'enchainent, et ses dons lui ont permit de s'en sortir sans trop de risque, mais ce n'est pas un guerrier ou un combattant.

Cyborg, lui, ne se retrouve pas cantonner à de la figuration et suit la ligne des comics dans laquelle son rôle est prépondérant dans l'affrontement contre darkseid. Là, on ne mentionnera qu'une fois darkseid, mais qu'importe, à la différence de Marvel le film ici à une fin. Pour en revenir à Cyborg, le film finit par traiter le personnage avec un certain intérêt, sortant du côté monstre de Frankenstein assez vite, pour agir aussi positivement que possible, et ce grace à la nouvelle "chef" :

Wonder Woman ! Je n'ai toujours pas écris la critique de WW, et c'est pas bien. Néanmoins, de ce point de départ glorieux, j'avais peur de son traitement. Il semblerait que les studios aient comprit le but de ce personnage, et décide d'en faire le général d'armée que la Justice League a besoin, le lien fédérateur entre tous. Batman reste donc l'homme de l'ombre, car beaucoup trop clivant, et elle devient l'étendard de cette nouvelle équipe.

Bien sûr, le tout fait un peu fake, mais au moins on a pas des rapprochements forcés à base de gros calins et de "t'es mon meilleur pote alors que je te connais depuis cinq minutes". Aquaman balance des vannes parce qu'il trouve en effet que ce qu'il voit est ridicule, mais sait qu'il doit faire quelque chose. Son exemple est marquant parce que le personnage est présenté comme un bourrin cynique, mais finalement le rôle fonctionne parce qu'en quelques phrases, même lui qui est le moins bien travaillé de tous.

6/ Geoff Johns et DC Rebirth

Loin de rejeter en bloc le fait que Snyder ait pu, tout de même, trouvé une certaine redemption et commencer à se rendre compte de ce qu'il faut faire, un tel changement drastique doit forcément être à l'origine de quelque chose. Dans les faits, on constate une plus grande implication sur les nouveaux films DC de Geoff Johns, équivalent de Kevin Feige pour DC comics...

Sauf qu'il ya une chose différente entre Geoff Johns et son homologue, une chose fondamentale : Kevin Feige est un producteur là où Geoff Johns produit, mais surtout scénarise. Ainsi, là où Feige, poussé par Disney, révèle un plan et une storyline qui va prendre 15 films, 10 ans, 4 univers transmédias pour que la maison mère rentre dans les frais occasionné, Geoff Johns se contente de raconter des films.

Oui, il y a un univers étendu, mais la manière de l'amener se révèle plus subtile, parce qu'elle coincide avec la notion d'univers dans lequel cohabite des créatures mythologiques. Quand débarque un green lantern dans une scène de flash-back titanesque, on a pas besoin de s'apesantir sur qui il est, et sa présence se justifie au vu de la situation. Dans le film, les événements n'ont pas le temps d'être cosmique, vu les héros sur place peuvent déjà agir.

Donc, pas d'intervention des green lantern, et les héros qui viendront seront juste là APRES les événements. Pas la secte de magicien bizarre qui n'agit pas parce que... Parce que c'était pas dans le script bordel !

Dc s'est perdu, néanmoins, et s'en est rendu compte. Dans les comics, après Flashpoint est arrivé une période dites "new 52" dans laquelle les choses étaient changés, notamment la présence d'un superman qui fricotait avec Wonder Woman, Lois Lane étant cantonné à la collégue. Superman était aussi plus sombre, plus violent...

Les fans ont du adorer ce Superman. Tellement que DC a choisi de lancer le programme "rebirth" qui, sans rebouter flashpoint et new 52, a simplement expliqué que le superman, NOTRE superman, avait réussit à aller plus vite que la faille temporelle de flash avec sa femme et son fils, et finalement en arrivant dans ce nouveau monde avait décidé de se ranger, ce monde ayant déjà un superman.

Mais voilà, le superman sérieux et con est mort, on le pleurera trente seconde, et LE Superman, poussé par sa Lois Lane d'amour, doit reprendre du service parce que ce monde a besoin d'un Superman.

Oui, c'est du deus ex machina à donf, et si c'était pas dans du comics ce serait sans doute victime d'un appel à la mise à mort. Mais c'est un moyen comme un autre de passer le balais et de jeter la poussière sous le tapis.

Et c'est ça en fait Justice League. On va pas vous dire qu'on a pas fait de connerie, on va surtout se dépécher de les pousser sous le tapis pour vous montrer qu'on a un truc à raconter, une histoire avec des personnages intéressants. C'est peut-être con, mais ça marche.

7/ Bilan

Il y aurait encore mille et une chose à dire sur ce film. De la musique de Dany Elfman qu'on oublie pour dans le générique de début pour y placer une chanson mtv débile, au thème de superman qui intervient quand celui ci est littéralement en train de défoncer la JLA. Mais je serai hypocrite si je ne reconnaissais pas au film une qualité indéniable, et enfin un amour réel pour ces personnages, et surtout un message d'espoir et d'amour.

Zack Snyder n'est pas seul responsable des réussites de ce film, mais il n'est pas non plus seul responsable de ces erreurs. Peut-être que ce qui m'a plu résulte d'un travail commun, peut-être est-ce lui qui a évolué, s'est émancipé. Je ne sais pas, et je ne pense pas que j'aurai la réponse, mais ce n'est pas grave, ça me suffit. Car qu'on se le dise, si critique que je sois, j'ai bien aimé ce film, il n'est pas le film grandiose sensé changer la face du monde, ni l'apogée ultime de cet affrontement mythologique, mais il est la première étape, le premier pas d'un nouveau-né vers des chemins je l'espère plus radieux.

Tu as voyagé loin, petit Kal-El, mais nous ne t'avons jamais abandonné, pas même face à la mort.

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