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L'Homme en Noir

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instants de chroniques pour du temps à perdre !


Mad Max : sur la route de Furiosa

Publié par Nicolas Koredly sur 16 Mai 2015, 09:17am

Mad Max : sur la route de Furiosa

What a day, What a LOVELY DAY

Sur la porte des enfers on raconte qu'il est écrit "toi qui entre ici abandonné tout espoir"... Et bien toi qui rentre dans la salle de cinéma où est projeté Mad Max : Fury Road, regagnes une pelleté, car dans les entrailles du sable, de la crasse, et de l'huile de moteur, George Miller nous dresse le bilan funeste, mais finalement plein d'espoir, d'un fou qui rentrerait en enfer pour finalement y trouver sa rédemption.

Après les plats de ce début d'année 2015, gorgée de film racoleur, bas du front, où on en revient à une platitude crasse et où les studios se torchent avec les artistes comme si c'était des teubés incapable de réfléchir (je vais arriver m'occuper de toi avengers 2), force est de constater que le même mec qui a fourni babe (un des meilleurs films pour enfants) et happy feet (une fable sur fond de comédie musicale à conseiller à tous le monde) revient à son genre de prédilection et qu'il est toujours aussi vénère, et ça, ça fait plaisir !

1/ Warner ou Wagner, fait ton choix camarade

Ce qu'il faut bien comprendre et ce d'entrée de jeu, c'est que si le son un peu trop fort, les irradiés dégueu et le montage aussi épileptique que hard rock vous dérange, passez votre chemin grand-père, je vous conseille plutôt la rue à droite : https://www.youtube.com/watch?v=w-W4VgQtLNA !

Mad Max Fury Road est une symphonie de deux heures, du montage jusqu'au jeu des acteurs, tout n'est que rythme parfait, et viscéral. Si tu as eu l'intelligence de cliquer sur la musique qui accompagne cette critique, je ne peux que te conseiller de monter le son à fond pour t'imprégner des forces en présence. Et pour une fois que le compositeur n'est pas Hans Zimmer, on ne va pas bouder notre plaisir.

Ici nul place au hasard. On te renvoie à la gueule le Dies Irae de Verdi (pour rappel c'est ça https://www.youtube.com/watch?v=_jBLyIQvNf0 ) dans une séquence dantesque ou la nuit froide laisse place à une gerbe de feu dans le lointain.

Ce qu'il faut comprendre et clairement, et c'est peut-être ce que j'aurai du dire au début, c'est que Mad Max est Beau.... OUI, chaque détail minutieux est travaillé, chaque symbole connu et digéré, chaque plan parfait dans ce grand ensemble, c'est un cours de cinéma dans toute sa splendeur lâché sur deux heures, qui en paraissent facilement 1h30. La folie incarnée ici est telle que la musique devient même intradiégétique se payant le luxe d'avoir un véhicule reconverti en scène de concert, où un guitariste harnaché enchaine les riffs avec sa guitare lance-flamme, pendant que quatre jeunes malades mentaux battent la mesure sur des tambours de guerre... Dire que c'est le même mec qui a fait la BO en partenariat avec Zimmer sur 300, man of steel et sans doute sur le futur merdique batman vs superman, autant dire que ça prouve que c'est bien ce sale con de Zack Snyder qui n'est pas fichu de bien faire un film.

Bref, pour résumer efficacement cette partie, dit-toi lecteur (ou lectrice d'ailleurs) inconnu (avec un "e" aussi, y'a pas de raison) que Mad Max Fury Road est une œuvre Wagnérienne avec des pauses parfaitement calibrées, des moments de gloire et de montage, une colère bruyante et salutaire, une catharsis nécessaire, bref... Passons à la suite.

2/ Un brulot féministe ? Vraiment ?

Entendons nous bien, réduire Mad Max Fury Road a un brulot féministe, c'est d'abord ne pas comprendre ce qu'est le féminisme, mais aussi ne pas comprendre ce que c'est que le film. Qu'il y'ait des personnages féministes, oui, mais que le message soit essentiellement féministe, non clairement pas. Si le film est transporté par un sentiment, et aussi par le jeu magistral de Charlize Theron (à contre-courant comme jamais) c'est oublier le personnage principal qui reste malgré tout Tom Hardy et Max.

Car la vérité, c'est que si "l'égalité" a sa place dans le récit, c'est surtout la liberté et l’émancipation, avec la recherche de l'humanité qui est en jeu. Parce que se concentrer sur la scène où les demoiselles s'arrachent à la pince leur ceinture de chasteté, c'est oublier qu'au même moment Max est avec une muselière, qui l'empêche de parler.

La libération des personnages, leur émancipation, passe par la recherche de leur humanité perdu, et c'est bien celle de Max comme celle de Furiosa qui est au centre de ce récit. Tous les deux sont dans une fuite de leur passé, la première par la route, l'autre par le mutisme. Pendant toute la première partie, Max se contente de murmurer dans un gargarisme animal. puis viennent les mots, les premières actions positives et enfin le retour du nom, il accepte à nouveau de porter ce nom de Max alors qu'il se jette dans ce qu'il y'a de plus humain en nous.

Jusque dans la scène finale, tout nous invite à aller lutter contre le pouvoir en place, à se libérer de la peur pour transcender la nature de sujets serviles. Se concentrer sur le féminisme, c'est oublier les rôles de Nicholas Hoult (Nux), de Max, et de tous les enfants de la citadelle. Chacun a un message, une portée, un objectif fou, un désir d'aller plus loin, plus haut, plus vite, et finalement de côtoyer un instant une vision paradisiaque, un calme salutaire, un peu d'espoir dans un monde qui n'en a en apparence aucun.

Si après ça, vous n'avez pas envie de courir dans les rues, d'embrasser les gens que vous aimez, de dire merde à un dictat social qui ne fait que nous pomper l'air, et le sang, alors je ne vois pas vraiment pourquoi vous avez perdu 2 heures devant ce film.

3/ Tel les Shadoks, on pompe.

Pour ceux qui l'avait oublier, Mad Max est un film post-apocalyptique ayant lieu dans le Wasteland (terre dévasté/non-fertile pour les non-anglophones). et dont les débuts parlaient de notre problème lié au pétrole et à l'essence, notre addiction à celui-ci et ce malgré que le monde entier en a subit un contre-coup infernal.

Ici, soyons clair, l'essence ne sera pas le centre du propos. (tu te doutes, on va pas recycler inutilement des thèmes déjà bien abordé, on ne s'appelle ni zack snyder ni michael bay). Le nerf de la guerre, ce qui pousse les hommes à se déchirer entre eux, devient le principe même de hordes de charognards, pompant tout ce qui est possible sur des restes vivants ou métallique, afin de gagner quelques heures/jours voir semaines d'existence. La survie passe par le fait d'attraper des donneurs, et d'aller leur arracher le sang propice à tenir le coup dans un corps cancéreux et irradiés.

L'eau devient une arme de propagande d'un pouvoir entre les mains d'un immortan Joe impressionnant dans son look : un être abominable de dégout et de purulence qui n'a même pas la force de s’habiller lui-même, sur lequel on vient placer une armure de plastique donnant l'illusion d'un corps musclé (tu la sent la symbolique ?)

Ainsi, on pompe le lait des femmes, le sang des hommes et finalement l"eau de la terre, pour s'assurer une existence à peine survivaliste. Clairement ce Mad Max est largement plus intelligent que ce qu'on aurait pu voir de premier abord. Oui, réduire Mad Max à un simple film d'action bourrin est une insulte à l'intelligence, malgré tout il faut aussi rendre à César ce qui lui appartient et bien accepter le fait qu'on est face à un actionner bourrin comme j'en ai pas vu depuis très longtemps.

4/ Conclusion, Bilan, et tout le reste.

Ce qui est sûr, c'est que si vous lisez ces lignes deux solutions s'offrent à vous, soit vous avez été courir ce jeudi 14 mai à la sortie parce que vous attendiez ce film comme un messie affreux dans notre désert de film, soit vous ne l'avez pas encore vu et ce serait une monumentale erreur.

Je n'ai pas assez de superlatif pour décrire Mad Max : Fury Road, je peux à peine me contenter de dire qu'il éclipse de loin tous les films de ce début d'année 2015, qu'il laisse derrière lui avec plusieurs longueurs d'avances. Qu'on devra renommer après ça "Fast and Furious" "Coquelicots et Pimprenelles" et que l'horizon cinéma ne semble pas l'égaler, et ce n'est pas la sortie critique de Ant-Man, ou de Jurassic World qui changeront quelque chose à ça. (à peine le dernier Pixar dans un autre genre;)

Ce film est un chant du cygne de George Miller, qui comme son homologue Romero revient après des années de silences au genre qu'il a forgé, nous offre son Land Of The Dead politique et violent, et finalement nous attrape la tête pour nous la secouer frénétiquement pendant 2h sans jamais nous lâcher.

Mad Max : Fury Road n'est pas une claque dans la gueule, c'est un coup de boule dans les couilles, et c'est sur ses bonnes paroles que je vous quitte.

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