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L'Homme en Noir

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instants de chroniques pour du temps à perdre !


l'hémorragie de tes désirs du temps qui se passe

Publié par Nicolas Koredly sur 14 Juillet 2015, 07:54am

l'hémorragie de tes désirs du temps qui se passe

Vice-versa (et pas Vice et versa, qui est en bonus en fin de vidéo) a été projeté devant mes yeux retardés il y'a quelques jours. Passons sur des vacances relativement harassante, je suis donc revenu sur nos terres pour tenter de critiquer pêle-mêle tous les joyeux événements des dernières semaines.

Donc vous n'êtes pas à l'abri de diatribe concernant le comic-con (parce que faut pas déconner, y a des choses à en dire.), tout comme un rapide passages par les tic-tac bananes qui sont en ce moment en train de défoncer le box-office.

Formellement j'ai au moins 5 articles à écrire dans les prochains jours, et ça va être long. Très, très trèèèèès long.

Mais attaquons le retour de vacances au meilleur des dernières semaines, j'en appelle donc à "inside out" traduit en français par "vice versa".

1/ Petit détour par le court-métrage et ma relation avec Pixar.

Alors, soyons clair, je suis fan de Pixar. La maison secondaire de Disney offre pour moi les meilleurs films et ce depuis des années. Je n'ai jamais vu un film qui aura réussit à me faire pleurer en 5 minutes comme dans Là-haut... Une trilogie aussi émouvante que Toy Story... Un film aussi drôle que Le monde de Nemo...

Bref, pour moi, et je n'ai pas peur de le dire, Pixar fait mieux que Disney depuis plusieurs années. Là, je sens que je vais me manger des coups de couteaux et qu'il va falloir que je rase les murs pendant quelques temps... Mais oui j'ai osé.

Autre chose, une des grandes forces des films Pixar c'est la capacité à présenter chaque film avec un court-métrage qui rivalise de qualité et de poésie. Jusqu'à Vice-Versa.

Avant d'attaquer permettez moi de revenir sur le seul film que je considère comme un point noir de Pixar. Non pas Cars 2, mais Brave."Rebelle" est pour moi à ce jour le pire film de Pixar, une tentative ratée de créer une princesse disney, Et résultat, de film habituellement universel on obtient un procédé réducteur et très moyen

Donc la dernière création originale m'avait laissé sur la fin, et autant dire que quand on parlait d'un film centré sur la tête d'une jeune fille à son entrée dans l'adolescence, j'ai eu très peur. Peur qui m'a gangréné, à un tel point que je craignais qu'il y ait une perte de l'âme Pixar et que Vice-Versa devienne le deuxième clou du cercueil.

Autant le dire, j'ai eu très peur en voyant le court-métrage avant le film. Lava, c'est sans doute la première fausse note des court-métrages Pixar. 3 minutes d'une chanson atroce, morne et répétitive, pour une histoire vu un bon millier de fois. Sauvé uniquement par une animation de qualité, l'histoire repose sur un volcan avec une mignonne chanson tout love... yeepee... Bref, un pétard mouillé d'entrée de jeu, ça a tendance à saler la plaie sanglante.

2/ Une lumière dans les ténèbres

Et le film commence. Un enfant nait, et avec son premier rire émerge le personnage principal de l'histoire : Joie. En effet, le film de Pixar se concentre sur la petite Riley et l'émergence de ses 5 émotions majeures : Joie, Tristesse, Colère, Dégoût et Peur. Au fil des années, Riley se fait dominer quasiment exclusivement par Joie, d'une manière foutrement totalitaire d'ailleurs. Mais un jour, la pauvre Riley se retrouve victime d'un déménagement loin de son Mid-Ouest natal vers San Francisco.

Tristesse se sent alors immanquablement obligé de toucher les souvenirs primordiaux de Riley, ce malgré l'interdiction formel de sa némésis "Joie". Mais voilà, l'état émotionnel de Riley, loin de tout ce qui faisait sa vie, pousse sa tristesse à prendre le pas sur le reste. Alors qu'une confrontation a lieu entre elles, elles sont expédiés hors de la boite de contrôle de Riley, renvoyé dans sa mémoire, ne laissant plus aux commandes que Colère, Dégoût et Peur.

Une introduction pareille laisse place à un film innovant, une œuvre intelligente sur le chemin de "il était une fois la vie". Force tient donc de constater que le film fonctionne, en une œuvre de qualité, avec un développement intéressant de personnages tout au long du récit.

3/ Un bond en avant pour un film du dedans.

La première chose à remarquer est le bond en avant énorme opéré par le graphisme. La qualité visuelle de vice versa est un vrai bond en avant, offrant une vision vraiment innovante digne d'un nouveau genre de graphisme. La chose la plus intéressante que j'ai vu était le fait que les émotions ne sont pas "finies", les contours sont flous, et leurs couleurs sortent du corps. Les émotions comme le monde sont éthérés.

La qualité d'écriture permet aussi de constater un soucis majeur de ce film. N'en déplaise à la pub des gares françaises, non je ne pense pas que vice-versa soit un film pour enfant. Vice-Versa est un film sur le fait d'oublier ce que c'est d'être enfant. De grandir avec le monde et de supporter les changements de la vie.

Sachez que je n'aime pas ce principe de vieux cons de penser que les jeunes n'ont pas de vécu, mais en l’occurrence je ne crois pas qu'un enfant puisse vraiment comprendre la perte de la mémoire, la disparition dans les limbes de notre ami imaginaire, et finalement celle de notre enfance. Je ne pense pas qu'un enfant puisse comprendre aisément ce qui se joue devant lui, car pour lui c'est justement en train de se jouer.

L'humour est plaisant, présent, mais les blagues sur le subconscient, sur les musiques qui nous trottent dans la tête, et à part le minimum de gag présent, rien ne laisse vraiment une ouverture vers un humour large à part une scène finale qui couvrira pas mal de notions d'humours pour les amateurs d'animaux et de fonctionnaires.

Donc voilà. Je fais référence là aux enfants de moins de 10 ans, je ne pense pas qu'ils s'amuseront vraiment dans ce film. Je peux avoir tort, et il est possible que certains y trouve leur plaisir. Mais comme pour Toy Story 3, ce film s'inclue dans sa globalité et l'âge que prend son public.

L'émotion du spectateur est présente aussi, et ce film m'a plus facilement conduit vers les larmes que le rire. En même temps, j'ai une montée de larme devant ratatouille quand je vois ego se souvenir de son enfance et de sa mère. De toute façon, un film ayant pour sujet le deuil intérieur ne peut pas être une comédie.

4/MAIS...

Oui, un mais en majuscule. Si bon qu'il soit le film n'est pas exempt de défauts. Le problème que j'ai avec ce film est que justement ses défauts sont des notes d'intentions inhérentes à l’œuvre. Ainsi, si je vous dis que j'ai trouvé Joie particulièrement irritante avec son incapacité chronique à se taire plus de cinq secondes,

"Mais... Abruti, c'est le personnage qui veut ça !"

Force est de constater que c'est vrai. Joie est ici un avatar de Woody, se sentant dépossédé de son désir de maintenir Riley dans un état de bonheur constant, et impuissante aux malheurs de sa pauvre amie.

Et là on arrive au second problème, les émotions sont extérieures au personnage. Dés l'introduction, Joie assiste au premier rire de Riley comme un regard extérieur où celui-ci devrait être interne. Étant situé dans la tête de Riley, elle ne devrait pas voir la situation de manière extérieure, sauf...

Sauf si le propos du film n'est pas la tête de Riley, mais Riley. dés lors qu'on voit 5 personnes derrière des commandes qui tentent de projeter sur un écran une vie et de provoquer des émotions, à quoi on a affaire ?

Si vous avez répondu des réalisateurs, prenez un cookie dans la boite à gâteau de votre maman, je vous y autorise.

En effet, ma théorie c'est que ce film est un message des réalisateurs de Pixar, une sorte de bouteille envoyé aux gens "désolé mais cette fois, on ne va pas vous faire rire, mais vous faire pleurer, car la joie ne peut être le sentiment majoritaire d'un film."

Dés lors vice versa se présente comme un Art Poétique Pixarien, plaçant le désir de révolte, de dégoût et de tristesse comme aussi central dans leurs œuvres que la joie et le rire. Que serait Wall-E sans cette scène affreuse de doute sur son décès ? Toy Story 3 sans cet adieu à l'enfant Andy que nous étions ?

5/ Bilan

Il est difficile de parler de vice versa. Il s'agit d'une expérience à vivre. Le premier drame de Pixar reconnut comme tel, un film entier sur le deuil de nos vies passées, nos désirs oubliées et finalement dire au revoir à notre enfance tout en nous appelant autant que possible à y retourner et à ne pas oublier la chanson qui nous faisait voyager vers les étoiles.

et vice et versa...

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