Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

L'Homme en Noir

L'Homme en Noir

instants de chroniques pour du temps à perdre !


Il y bien longtemps...

Publié par Nicolas Koredly sur 30 Octobre 2015, 15:32pm

Il y bien longtemps...

Bon. Nous allons aborder notre grand thème de Star Wars avec la trilogie originale, et son remix. Ceci sera une analyse personnelle couplée à des connaissances historiques, je vous recommande fortement d’aller consulter les travaux de grands critiques qui se sont penchés sur l’œuvre, notamment Rafik Djoumi qui est certainement la personne la plus calée sur le sujet. De la même manière, je ne saurai que vous conseiller de regarder la vidéo de Durendal1 consacré au sujet, car s’il a tort sur beaucoup de points (non non il a pas raison), elles permettent d’avoir un vrai point de vue de (beaucoup) de profane sur le sujet.

On commencera donc par la critique de l’œuvre originale, composé surtout d'un rappel à ce qu'est Star Wars (que j’ai vu étant jeune sur VHS enregistrée) et on reviendra en fin sur le travail remasterisé par Lucas et son entreprise de destruction de cette œuvre (oui oui) :

On attaque ?

1/Un ancien espoir :

Doit-on encore résumer Star Wars ? L’histoire de cet ancien épisode 0 plaçait un vaisseau attaqué dans l’espace infini. Ce vaisseau contenait une princesse, membre de l’alliance rebelle qui affrontait l’empire galactique, et surtout les plans de la nouvelle arme impériale. Finalement les plans seront remis à deux droïdes qui finiront par tomber sur un jeune fermier. Par un concours de circonstance (encore un) ce qui n’était qu’un rachat de deux droïdes entrainera la galaxie dans un nouvel espoir.

Lorsque Lucas écrit son idée, c’est sa rébellion qui s’exprime, et cette histoire étrange de Starkiller passe entre les mains bienveillantes de Gary Kurtz, qui décide de recadrer le jeune George pour l’orienter vers la philosophie bouddhiste et les travaux du monomythe (on y reviendra, encore). Exit les dérives à la Flash Gordon, le récit s’inscrit non plus uniquement dans le space opera, mais bel et bien dans une science-fiction emplie de philosophie, de « jedïy » et un contenu universel.

Le tournage est compliqué, la création numérique n’en est qu’à des balbutiements et Hollywood est depuis plusieurs années dans la période dit du « Nouvel Hollywood ». La crise du cinéma a offert aux productions une crainte du risque, et des nouveaux films possédés par leur réalisateur émergent. Moins cher à produire, les films ne sont plus autant tributaire de leur succès, et on perd rapidement de vue la volonté des Producteurs Exécutifs.

Puis viennent deux personnes, Georges Lucas et Steven Spielberg. Spielberg d’abord, commence avec son « Jaws » par réinvestir les salles en faisant un véritable carton. Mais la Guerre des Etoiles coute cher… La Guerre des Etoiles coute très cher, à un tel point que Lucas pour accomplir son œuvre renoncera à tout salaire, et même à être payé sur les résultats en salle au box-office. Georges Lucas ne touchera de l’argent QUE sur les produits dérivées. Et c’est dans ce contexte, alors que personne n’y croit, que sort le film Star Wars en 1977.

2/ he shot first

Lucas, loin d’être idiot, engagera dés 1976 Charles Lippincott, lequel va dessiner des affiches alors qu’aucun film n’est sorti. Ces affiches vont faire le tour des salons de science-fiction, lieu de pèlerinage de cette future branche de « geek » encore non défini. Tous voient bien le nom de ce Star Wars et semblent dans un premier temps interloqué, puis finalement impatient.

Le film sort dans 37 salles et fait un record dans 36 d’entre elles. Comprenez donc que ce n’est pas un succès, c’est LE succès, et pour le coup personne n’y croyait. Il en émerge une contre-culture quasi immédiate avec les jouets de la franchise qui s’arrachent comme des petits pains (lesquels se vendent aujourd’hui au prix de plusieurs centaines de milliers de baguette).

C’est ça Star Wars quand ça sort. Une sorte de bombe intersidérale que personne (du moins à l’extérieur d’une sphère de salons « nerds ») n’attendait. C’est la réussite de l’universalité Star Wars, et la naissance d’un phénomène qui ne connaitra pas vraiment de fin (et cela aucune autre saga de cinéma ne peut s’en vanter.)

Le film place ses personnages comme un point central. La musique, le cadre et l’écriture s’articule autour de ces caractères, particulièrement bien écrit et dont les premières apparitions sont toujours une démonstration efficace de ce qu’ils sont censés représenter. En 3 minutes, Leïa par sa tenue se place comme un contraste immédiat à Vador, pas de femme fragile, non, car on la voit affronter et tenir le regard de l’horreur.

Luke lui est le héros Campbellien dans ce qui en deviendra la plus pure tradition. Apparaissant en contre-jour quand on l’appelle avec son thème fort. Sa mise en place est immédiate, et de personnage naïf et quelque peu effacé se place dans son cheminement une découverte de la sagesse.

Han Solo, le contrebandier le plus connu du monde fonctionne pareil. Un type qui ne croit en rien, abat un danger sans sourciller, il ne cherche pas à affronter l’empire, sauf si on en paye le prix. Il n’est pas un héros au sens traditionnel du terme, il ne croit en rien, n’a pas de cause connue à défendre hormis sa vie et l’argent.

Ce trio gagnant ressort plus efficace et l’attachement est immédiat. Il y en a pour tous les gouts et dès lors on peut s’identifier facilement au récit, selon qui l’ont veut être.

3/ Révolution

Star Wars n’est pas qu’un succès d’écriture ou de réalisation. Il s’agit, comme ses enfants modernes Avatar, Le seigneur des Anneaux ou le Hobbit d’une œuvre qui repousse les limites techniques que le cinéma utilisait à l’époque.

En 1975, Lucasfilm existe déjà depuis 4 ans, et donc quand Star Wars commence à être produit notamment par la Fox la maison « mère » est déjà là. Il souhaite prendre le responsable des effets spéciaux de « 2001 l’odyssée de l’espace » mais celui-ci lui suggère d’engager son assistant, Jon Dykstra.

Jon va faire appelle à des étudiants, des plasticiens, et des ingénieurs pour ce travail. Autant le dire, il va chercher partout pour ramener le plus de potentiels et ça motivera Lucas à créer une société indépendante de Lucasfilm « Industrial Light and Magic » qu’on baptise plus facilement ILM. ILM… L’une des plus grandes sociétés modernes d’effets spéciaux. Pensez à un blockbuster des années 80 -90 et 2000… Il y a de grandes chances qu’ils soient derrière ce projet.

Petite liste exhaustive : E.T., Indiana Jones, L’histoire sans fin, Retour vers le futur, à la poursuite d’Octobre Rouge, Terminator, Hook, Titanic, Harry Potter 1 à 5…

Mais ce n’est pas la seule filiale de Lucasfilm dont on entend encore parler de nos jours… Lucas prend dés l’origine le marché du son avec une découverte technique par un ingénieur, le célèbre dolby stereo. Sans en être à l’origine, Star Wars est le premier à exploiter cette séparation des pistes audio créant une atmosphère qui englobe la salle dans le film. Lucas restera admiratif de ce procédé, et créera quelques années plus tard la célèbre société de « contrôle » du son et de sa qualité : THX.

Lucasfilm Computer Division. Ce nom ne vous dit rien ? George Lucas a revendu cette société d’infographie à un certain Steve Jobs qui en fera quelque temps plus tard une base d’animation pour des artistes de grand talent, et qu’il renommera avec le temps avec un nom connu davantage du grand public : Pixar.

Mais revenons à Star Wars. Les contraintes de moyens et de temps forcent les maquettistes à travailler d’arrache-pied, et ils mettent au point des systèmes particulièrement ingénieux pour l’époque, donnant les batailles dantesque du climax final. L’assaut de l’étoile noire n’a pas vieillit, si vous le regardez maintenant, le côté carton-pâte rajoute cette dose de réalisme qu’un effet par ordinateur perd forcément.

La technique informatique augmente avec le temps, mais les rendus fouillés graphiquement et à la main ne vieillissent pas. Star wars est une œuvre universelle car son graphique rétro (les coupes de cheveux, je sais) se retrouve contrebalancé par une ambiance générale plus intemporel, et si on cite souvent Luke pour la mode capillaire des années 70, il perdra cet aspect assez vite et n’en reste pas moins le seul face à un Han Solo ou un Ben Kenobi relativement passe-partout.

4/Une œuvre complète

Le véritable intérêt et point central de ce film est qu’il a la particularité (notamment par son statut de premier) d’être totalement fini. Il n’y a aucune projection de l’empire contre-attaque car il n’est pas certain qu’il verra le jour. Aussi on a un récit complet, avec un début un milieu et une fin.

Ceux (les petits malins) qui nous diront « nan mais la destruction de l’étoile noire n’est pas la fin de l’empire » non certes, dans le retour du jedi nous sommes aussi laissé sur notre « fin » et seul l’univers étendu se chargera de répondre (avec plus ou moins de difficulté, j’y reviendrai) à ce qu’il se passe ensuite.

Donc en soit, le point fort de Star Wars s exprime avec ce film, la fin d’une histoire n’est pas la fin de l’Histoire, le monde ne se centralise pas sur le destin de l’étoile noire et cette galaxie fort fort lointaine continuera à évoluer.

Ainsi, le parcours de Luke est parfaitement compréhensible, et rendez-vous bien compte qu’en 2 heures on le voit passer de fermier désireux de piloter à sauveur de l’alliance rebelle. Le parcours de Luke n’est pas le seul impressionnant, Han ne pouvant se résoudre à laisser tomber son ami, et se jetant dans la bataille alors que le public exulte.

Et à la fin seront célébrés les deux sauveurs qui au début n’étaient qu’éloignés dans leur désert, le premier en quête d’une identité et le deuxième de gloire. Rien ne destinait ces personnages à accomplir autant d’exploit, et finalement à rentrer dans le Destin par la grande porte.

C’est souvent pour ça que je déclare en effet préférer ce film IV au cinquième, car cet aspectunique permet à un spectateur lambda de le voir et de s’en satisfaire (prend toi ça marvel universe, ça c’est cadeau) et de choisir ou non de continuer l’expérience (un peu comme le premier roman Harry Potter)

5/ Pourquoi en fait c'est chiant le remix

Star Wars est une pierre dans l'océan audiovisuel depuis les années 80. Sa force est notamment que le message, qu'on jugerait de prime abord manichéen, est largement compensé par une mise en scène plaçant des personnages dans une dualité constante. On va démontrer rapidement en 2 points pourquoi le fait qu'Han tire le premier est important :

- Han Solo est un pistolero, dans la plus "pure" tradition du western spaghetti. Jusque dans son nom, on le place dans un isolement par rapport aux autres, une distance forcée. C'est une crapule, ça n'indique pas qu'il soit "méchant", ça indique qu'il est pragmatique dans un univers avec des codes particuliers. https://www.youtube.com/watch?v=Q221py1RUyY

- Han Solo n'est pas tout propre. Et cette identification, ce côté pistolero, est encore plus important quand on sait le futur qui l'attend. Si même un truand, capable d'abattre froidement un type dans une cantina sans même enlever son sourire décide finalement de risquer sa peau pour sauver le héros, c'est largement plus fort.

Je sais, l'extrait a été remanié jusqu'à ce que finalement le plan dur à peine quelques secondes. Sauf que ces quelques secondes sont honteuses, parce que déjà très mal faites. les effets du tir de Greedo font n'importe quoi, et brise un hommage autant qu'une caractérisation forte.

Lucas le sait, je n'irai pas jusqu'à analyser le pourquoi du comment (Rafik Djoumi le fait mieux que moi) le but est juste de montrer comment toujours, d'un universalisme propre à l'épisode original on découle à un futur policé ou la caractérisation n'est plus le centre du propos. Et si le personnage n'est plus au centre du parcours, son évolution devient futile et l'intérêt de la saga se perd beaucoup.

Alors voilà, peut-être que certain ne comprenne pas pourquoi il est dommage de montrer un Biggs sur une scène au lance-pierre pour le voir mourir sans plus d'émotion, ou pourquoi ce désert de jawas qui s'amusent à sauter sur leur truc géant par ordinateur fait décrocher le spectateur.

George Lucas n'est pas non plus un arnaqueur. Il est étrangement lié à cet Anakin Skywalker dans son parcours. De petit type dans son désert il devient l'élu de toute une génération et se perd dans son propre travail. Plus le temps passe plus le côté obscur va briser celui qui pouvait porter le flambeau du côté lumineux.

Le remix n'est pas affreux, il ruine un univers crédible de papier pour un microcosme virtuel, il n'élève plus son personnage, et donc n'élève plus son spectateur. Lucas trahit son propre travail, mais aussi celui de ceux avec lesquels il travaillait. Mais nous en reparlerons plus tard, pour l'heure le bilan, et la musique.

6/ Bilan

Star Wars IV : un nouvel espoir est sans doute le film qui a ouvert la plus grande saga audiovisuelle du monde. Tout fan du seigneur des anneaux que je suis, de Guillermo Del Toro, il faudrait être hypocrite (ou prof de cinéma) pour refuser de reconnaître l'impact qu'a eu ce film et ses suites sur le monde.

Les raisons sont multiples, cette article creuse sa propre tombe parce que je ne peux qu'évoquer en grande largeur un thème aussi large. Le risque est de tout dire sur un article et d'être un peu raide après, donc on reviendra (encore et toujours) sur Joseph Campbell car ce monsieur a juste théoriser la mythologie sur des axes que je ne peux m'empêcher d'exprimer.

Star Wars est un immense morceau. Et sans aucun doute que ce qui s'annonce avec Disney pérennisera la légende, pour qu'au final dans le futur, ce Star Wars original rejoigne le rang des mythes.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents