Soyons clairs, les blagues sur les cales-portes me lourdent depuis une semaine. En même temps j'ai toujours trouvé absolument connes les blagues sur Hodor, parce que généralement ça n'est absolument pas inspiré, et il y a très souvent (j'avoue pas toujours) un côté méprisant. J'aime alors à me rappeler que dans le roman, ceux qui se moquent le plus de lui sont ces petites raclures de petit et grand Walder. Donc je dois au moins remercier la série et l'épisode précédent pour avoir offert à ce bon gros géant une fin digne d'un héros que n'a même pas eue Robb (et j'aime Robb, mais voilà).
Clarifications étant faites (donc non, je vais pas rigoler avec ça), cet épisode 6 introduit d'un coup le passage au principe de décompte "oh mon dieu, plus que 4 épisodes, et après un an à attendre... Je suis tristesse". Pour ma part, j'ai atteint le stade où je sais que je dois encore écrire cinq articles et où je commence à trouver le temps long, attendez-vous donc à un article plus court.
On attaque ?
1/ Promenons-nous, dans les bois
Retrouvons nos joyeux héros, là où on les avait laissés la semaine dernière, à savoir dans la neige, le froid, et poursuivis par des vilains spectres. De toute évidence, Meera a réussi sous l'effet de l'adrénaline à partir en courant, soutenant son seigneur jusque dans la forêt. Visiblement, ça craint, car elle n'a plus aucune force, et elle se retrouve seule, avec comme dernier soutien un jeune homme en pleine crise.
Dans les visions de Bran se mêlent scènes connues des épisodes/saisons précédent(e)s, et la mort d'Aerys le Fou par son membre de la Garde Royale, lequel se place alors sur le trône de fer. Et oui, alors que j'étais persuadé qu'on n'assisterait pas à cette scène, on la voit (et ça a quand même un intérêt).
De cette suite de vision, Bran sort enfin pour dire à Meera que c'est fini, les spectres les ont retrouvés et qu'ils arrivent. Et merci de montrer une scène aussi touchante que celle de deux personnages se sachant condamnés, le jeu d'Ellie Kendrick se veut rassurant, c'est proche d'une figure maternante qu'elle se pose et protège Bran de son corps.
Leur relation a évolué, et a su devenir quelque chose de très touchant parce que ce personnage très terre-à-terre a vu deux êtres qu'elle aimait être dévorés par la magie primale. Et là, elle est sur le point de perdre à nouveau le dernier être qu'elle chérit, qu'elle protège, et de la même manière.
Et alors, comme dirait l'Autre (haha), Zorro est arrivé, sans se presser. Et apparemment, Zorro aime beaucoup jouer à Darkrider avec sa faux à chaine et sa capacité a faire surgir des flammes d'un genre de fléau encensoir. Voilà donc comment arrive Benjen/Mains-froides (dans les romans, mains-froides n'est PAS Benjen, et je suis persuadé que Benjen a justement été transformé en Autre, personnellement). Pas compliqué de voir qu'il est l'incarnation de la Mort, la figure médiévale avec une touche de fantastique, dans cette scène.
Benjen a donc été sauvé de la transformation par les Enfants de la Forêt (et c'est alors que ceux-si ont découvert qu'enfoncer des trucs dans des cœurs, ça fait plein de choses différentes. Et c'est ainsi qu'ils ont eu une sérendipité, les Enfants).
Benjen revient, et si la scène est intéressante, elle me les brise car les lecteurs du dimanche vont revenir à la charge avec l'idée que Benjen dans les romans est Mains-froides. Alors non, Mains-froides dans les romans est mort depuis trèèès longtemps, à en croire Feuille.
2/ Notre Belle-Famille
Vous trouviez ça chiant vos repas de famille, avec les blagues racistes de Tonton Dédé, et Mamie Andrée qui mâche avec son dentier et s'improvise chanteuse ? Ben regardez les repas de famille de Sam. John-Bradley West est un bon acteur. Se contenter de ça serait malheureux, mais il a su, avec le temps, faire de son personnage plus qu'un petit faire-valoir de Jon (et qu'il aurait été facile de jouer ainsi).
Non, mais la grande force de ce début de séquence, et de ce qui suit, c'est de voir comment Samwell vient d'un tout autre monde que celui du Mur. Qu'il est facile de le juger durement, lui qui est si loin de tout danger, lui que seules aiment et adorent profondément sa soeur et sa mère. Et quel jeu que celui de ces actrices, que nous ne reverrons sans doute pas. Merci mesdames pour votre excellente interprétation, qui seule démontre aussi la place difficile d'une femme de seigneur dans cette époque ou mieux vaut naître une arme entre les dents et un sexe extérieur entre les jambes.
Après un relooking façon M6, Vère se fait embarquer dans un repas de famille sous le signe de la bonne humeur, et OH PUTAIN QU'EST-CE QUE C'EST ?
Et oui, c'est bien ce crado d'oncle Geoffrey qui se retrouve au bout de la table à scruter ardemment son fils. Et c'est GENIAL ! Car oui, si James Faulkner joue très bien cette séquence, c'est surtout parce qu'il devient une représentation iconographique de son blason. Randyll Tarly est un chasseur.
Il reste là, à l'affut, sans cligner une seule fois des yeux (ou alors, au même moment que moi), et attend LA phrase, pour tirer, encore et encore, jusqu'à abattre sa cible. Bien jouer pour le fat-shaming aussi, qui renvoie merveilleusement à tous les commentaires des sales cons qui ont pu se moquer de Sam parce que, vous comprenez, c'est trololol le gros, genre il est lâche et c'est tellement un minable !
Et là boum, quand on croit qu'il va renoncer, encore, il se décide à partir, à risquer d'affronter son padre, tout en piquant l'épée familial (ce qui est cohérent vu qu'il sait qu'elle est en acier valyrien, et que dès lors il faut la prendre pour la guerre à venir).
3/ D'épines sera ta couronne
Holala que c'était bizarre que cette séquence dans Port-Réal. Pas mauvais, mais la transition fut un peu rude d'un épisode à l'autre. Le captain Sparrow ayant senti le vent tourner déploie ses ailes et vient englober le petit Tommen.
Eh oui, car maintenant qu'il a torturé, brisé et mis Margaery, il l'a coiffée et préparée pour qu'elle soit toute mignonne devant chéri chou d'amour. Et voilà que j'te fais un gros câlin, et voilà que j'te parle du captain comme d'un mec merveilleux, et voilà qu'en vrai je vends mon frère, ce sodomite... On hésite entre une sérieuse crise de manipulation due à la torture/récompense qui ferait un rapprochement sévère entre le moineau et Ramsay.
OU elle a décidé de faire ce qu'a dit son frère en laissant complétement tomber et en tâchant de survivre pour elle-même, si possible en trainant dans son sillage le petit Tommen histoire de bien casser les couilles à maman Lannister.
En parallèle, papa Tyrell qu'on renommera gentiment "Monsieur Bovary" débarque avec une troupe du plus bel effet, aussi faste que ridicule. Il faut bien sûr compter sur lui pour baver un discours pompeux sur la folie, les heures sombres, les hommes-poireaux, tout ça tout ça. Et voilà qu'arrive le temps de la confrontation entre les hallebardiers, Jaime, le Haut Moineau, et la grand-mère Tyrell venue en spectatrice de la scène.
Sauf que le moineau, il a bien senti le vent qui tournait, et il a décidé de se mêler de politique. Et c'est comme ça qu'il annonce, gentiment, que non y aura pas de marche de la honte, et qu'il est heureux parce que maintenant Tommen va à confesse. Jaime médusé se retrouve seul, notamment quand Olenna (qui n'a pas attendu la pascaline pour savoir compter) ordonne d'un geste à son crétin de fils de faire cesser toute menace.
Suite à ça, Jaime est radié de la Garde Royale par Tommen, au motif d'avoir attaqué la religion. Et on se retrouve avec un parallèle qui aurait été, ma foi, intéressant, notamment avec le personnage du regretté Barristan. Moins humilié, il est néanmoins coiffé au poteau parce que lui, à la différence du vieux chevalier, a encore une tâche.
Eh oui, c'est pas pour rien qu'on a reparlé dernièrement du Silure, celui-ci ayant pris le château de Vivesaigues. Jaime se retrouve donc obligé d'aller botter des culs dans le Conflans, et ce n'est pas les verres d'alcool ou la séance de touche-zizi avec sa sœur qui vont le motiver pour se bouger.
4/ Humaine, trop humaine
Retrouvons Arya, toujours occupée dans sa mission, tandis qu'une nouvelle scène de la vie quotidienne de Westeros se joue devant ses yeux. Après la mort de Robert, c'est celle de Joffrey qui se déroule, et autant dire que sa sévère pathologie mentale lui fait quitter son rôle pour adorer voir le supplice que les Dieux l'ont empêchée de savourer.
Sauf que quelque chose ne se passe pas comme prévu. En effet, l'interprétation de Lady Cigogne est tellement intense qu'elle trouble jusque dans son être la petite Mercy. Elle se remet très vite et part pour l'assassiner en versant le poison dans sa bouteille.
Après la pièce, elle reste néanmoins parce qu'elle se fait alpaguer par sa future victime. Le fait est que la conversation qui s'engage dénote une vraie introspection sur Arya, et fait assez rare, une remise en question de son acte.
Pour ma part, j'ai choisi de l'interpréter très simplement, le fait de voir Cersei se faire aussi bien représenter lui a fait prendre conscience qu'elle devenait semblable à ces monstres qu'elle pourchasse. Et oui, Arya est un personnage éminemment Nietzschéen, tant dans sa construction de départ que son évolution.
A force de contempler l'abîme, elle se rend soudain compte que l'abîme lui a rendu son regard, et que ce n'est plus qu'un miroir. Et elle redevient Arya Stark, non par vengeance mais par quête de son humanité perdue, ce souvenir de ce qu'elle était autrefois lorsqu'on lui a tendu Aiguille.
Elle a par contre agi trop tard, car la voilà cible n°1 de la plus dangereuse et mortelle des guildes d'assassins de Westeros et Essos réunis. Ne voulant pas devenir un monstre, elle se retrouve à la fuir, et on saisit en un plan toute l'horreur qui l'attend lorsqu'elle souffle sur la bougie et se fait envahir par des ténèbres, nullement rassurantes.
J'ai hâte de voir ce que ça va donner, je suis pour le coup particulièrement ravi de cette tournure, et du fait que c'est en voyant la représentation même de qui elle était par l'incarnation de sa pire ennemie, qu'Arya se rend compte qu'elle est bien plus proche des gens de sa Litanie qu'elle ne le croyait.
5/ Ah, rien de tel qu'une bonne scène de pédophilie dégueulasse
Traitons rapidement des deux parties restantes, en leur faisant la grâce d'un titre (parce que si cet épisode n'a que 5 partie, c'est chiant)
Alors, euh... tient, si on faisait un résumé façon pute à clic ?
"La scène s'ouvre dans une ambiance feutrée, indistincte, quand soudain ! Oui, Walder Frey est de retour (est-il là pour nous introduire Lady Coeur-de-pierre, rappelez vous quand nous en parlions il y a 1245 articles !) Apparemment, il n'est pas content parce que ses fils... (nous nous excusons, on a pas trouvé leur nom sur le wiki de la garde de nuit, ces feignants l'ont pas mis à jour) ont perdu leur château contre Blackfish ! Mais si ! Souvenez-vous, ce type barbu avec les autres types barbus. Et quelle scène ! Vous avez vu quand il a claqué le cul de la petite ? Quel horrible monsieur ? (Selon vous, Walder va-t-il mourir dans les prochains épisodes ? Qui va le tuer ? Comment s'y prendra-t-il ? Commentez, likez partagez !... Et n'oubliez pas de lire notre dossier spécial sur tout ce qui nous prouve qu'en fait, Walder Frey est la vraie mère de Jon Snow."
Sinon, la scène est bonne, vraiment. Bien jouée, bien actée, elle sert néanmoins d'introduction un peu poussive à une horreur bien réelle, à savoir qu'il faut raconter l'arc Vivesaigues en 4 épisodes, mais on en reparle dans le bilan.
6/ "wir mussen die Juden ausraten"
Comme vous l'aurez compris, on va causer de la pitite aryenne qui vient de se réveiller. Comprenez bien que je peux saisir la fascination qu'exerce Daenerys pour le chaland, mais ce que j'ai aimé dans cette scène c'est qu'elle nous remontre efficacement qu'il faudrait voir à pas oublier un fait.
Daenerys est quand même une putain de dictatrice en puissance, qui se sert des dragons qu'elle semble seule à contrôler pour maintenir d'une main de fer un empire de sang et de cendres. Et quand c'est le propre réalisateur qui le dit http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/tv/news/game-of-thrones-season-6-director-says-we-should-be-horrified-by-daenerys-alludes-to-hitler-a7057331.html
Cette analyse est intéressante, car on peut se demander ce qui fait qu'une très grande partie du public se dit qu'il n'y a finalement rien de contestable dans la démarche d'une femme qui veut lâcher sur un peuple qui a déjà pris cher la plus grand horde barbare d'Essos.
Peut-être est-ce dû à un sexisme ordinaire nous faisant craindre difficilement la capacité destructrice d'une personne avec du pouvoir, à partir du moment où elle est une femme, jeune et blonde.
Tout parallèle malvenu, cette scène donne l'ampleur monstrueuse acquise par Drogon qui décidément doit manger beaucoup de fibres. Tandis que Daenerys est complétement galvanisée par sa folie destructrice, elle s'apprête à réaffirmer son statut de conquérante en faisant comme beaucoup de personnages un retour aux sources, retour au point de départ pour mieux affronter le monde qui arrive à son terme, inexorablement.
7/ les -, les + et bilan
les - : - un peu déçu par Mains-Froides = Benjen pour la série
- Le côté un peu bâtard de l'épisode inaugurant presque une nouvelle saison
les + : - la séquence Arya, enfin vraiment intéressante en termes d'évolution
- Toute la séquence à Corcolline, absolument merveilleuse en termes d'acteurs, de situations, de mise en scène et de texte.
- Le jeu de Meera vraiment touchant, dommage que Zorro soit arrivé aussi vite.
Cet épisode 6 s'annonce bon dans la narration et dans la mise en scène, mais semble ancrer cette saison dans une nouvelle histoire bien loin de ses débuts. Pourquoi Jaime Lannister part vers le Nord au lieu de partir vers le Sud (là où des gens tiennent non pas UNE forteresse mais juste tout Dorne) ? Quel intérêt d'avoir à trois reprises des personnages qui nous expliquent que Brynden Tully a repris le chateau ?
La réalité semble amener les personnages à effacer toute trace du début, de la saison 5 aussi, pour se concentrer vers une autre histoire, autre saison, et donc on se retrouve avec un récit coupé en deux. Est-ce que le rythme tiendra le coup ? On verra à l'heure du bilan. Le problème majeur sera de finir cette saison en maintenant 4 épisodes, qui se concluront sans doute par le passage des marcheurs au Sud du Mur. Auront-ils les moyens de leur ambition, ou finiront-ils mollement la tête dans le guidon à se taper la tronche dans le mur qu'ils nous ont teasé pendant aussi longtemps ? Eh bien nous verrons.
7/ Auto-promo
Je vous rappelle à tout hasard qu'il y a une page facebook ici : https://www.facebook.com/Nico.Koredly/
Une page tipeee là : https://www.tipeee.com/les-critiques-de-l-hommes-en-noir
Je lance une deuxième salve d'appel à témoignages sur le monde geek ici : http://homme.en.noir.overblog.com/2015/05/appel-a-temoignage.html
Voilà voilà, n'oubliez pas de liker, de commenter, et critiquer, et nous nous verrons bientôt.
