Alors voilà, après des dizaines de sacrifices à la Chèvre Noire (comprenne qui pourra, parce que même R'hllor refuse de les écouter) les gentils aficionados de la série Game Of Thrones ont récupéré par un moyen hautement subversif les 4 premiers épisodes de la saison 5, fraîchement débutée.
Étant d'un naturel assez lent, et n'appréciant guère la contrainte, je vais tâcher de rédiger chaque semaine une critique des épisodes, en attendant de les voir dans une qualité relativement abordable (à comprendre celle de ma télé qui ne prend en compte qu'un écran de diamètre de 32cm... Oui avant que tu te poses la question c'est petit)
donc, parce qu'il faut bien que je m'y mette, on va attaquer la critique de cet épisode 1 avec une conclusion qui résumera les +, les - et les + ou - de ce début de saison.
1/ Le générique... Le flashback !!! (tatatata)
sans scène pré-générique (comment ? Nous n'aurons pas le plaisir de la découverte du corps de Tywin par les gardes, suivie de l'arrivée de Cersei dans les toilettes de son cher vieux papou ?) le générique se charge de nous présenter peu de nouveaux décors, exceptés un passage de bannières de Winterfell à l'étendard écorché des Bolton, ainsi qu'un petit retour à notre chère Pentos. On pourrait regretter que Meereen garde la harpie, vu qu'on voit bien dans l'épisode le passage de flambeau...
Mais attardons nous sur la scène post-générique, celle tant attendu depuis plusieurs mois, le premier flash-back de la série. Alors, on retrouve mini-Cersei, et sa meilleure-amie-for-life-qu'on-ne-s'embête-pas-à-nommer sur les sentiers boueux de... Des terres du Roc. Si la forêt a un aspect menaçant (peu de lumière, un fond gris voir bleu) pourquoi ne pas avoir essayé de tourner ailleurs que dans le bois de Winterfell ? On a une rude impression qu'ils ne se sont pas foulés pour montrer un aspect qui, s'il avait eu un peu plus de traitement, aurait au moins pu fournir une vision du Roc. La séquence en elle-même est relativement classique, peu d'angoisse dans le rythme des plans et dans le montage, la Maegi et le jeu des deux actrices est pas contre très bon... Petit oubli scénaristique (volontaire ou non) sur LA prophétie importante, en lien avec la relation entre Tyrion et Cersei...
Un seul point noir, et de taille (car c'est en la matière le premier) : le costume de mini-Cersei... Je chipote rarement sur ce genre de détails, car je considère que la direction artistique de la série est un de ses plus gros points forts... Mais un genre de mini-cosplay pour bien faire comprendre au spectateur "eyh, tu vois, c'est Cersei, eh regarde bien, oui oui elle a le même collier et la même robe qu'au début de la série, mais en plus petit... Et en rose crado"... Sans compter l'aspect facile d'une telle chose, sincèrement ? Du ROSE ?? A l'âge qu'elle est censée avoir, où est la couleur vive et pétante ? Bref, c'est dommage et ça m'a déconnecté de la série (sans compter le fait qu'elles ont l'air loin du Roc, sans escorte, sans cape pour se dissimuler, ça fait pas trop fugue de jeune fille, et dans un monde dangereux comme il est censé être, ça peut juste prêter à faire sourire). Bref, pas forcément convaincu, MAIS elle a le mérite d'exister. La transition comme d'habitude est très bonne, permettant de faire le lien avec le visage en un magnifique raccord son.
2/ Les séquences de Cersei, Jaime, Margaery, Loras, et la tache de naissance dornienne de celui-ci :
On retrouve donc Cersei, en chaise portée, se rendant au septuaire de Baelor (un targaryen qui avait la particularité d'être fou et d'aimer les serpents, ou l'inverse) pour la veillée de son père. Ce petit passage a le mérite de me faire rire, quand tous les gens se sont outrés en lisant que Charles Dance revenait dans la saison 5 "vous pensez qu'ils vont le ressusciter", non mais l'enterrer probablement. Le champ contre-champ avec raccord regard est un très beau passage, nulle tristesse sur le visage de l'actrice, une sorte de dégoût et on comprend pourquoi, tout Port-réal est là, à l'observer alors qu'elle monte une série de marches, prise entre deux feux. Le contre-champ quasi zénithal la rend encore plus minuscule face à la foule, n'ayant aucun point de fuite, et CA c'est beau. Le seul regard accordé dans la foule est celui de Margaery, mais fait important, c'est la jeune (future) reine qui la regarde en premier, quand tous les autres fuient son regard. Face à la déchéance Lannister, la dualité est affirmée entre les deux femmes, et le lien avec la prédiction fait corps.
Après révision de la séquence, elle introduit aussi de façon "subtile" les moineaux, des types en uniforme semblable à celui que portera ce cher Lancel sont sur le côté, en haut des marches, et eux-aussi sont les seuls à regarder la reine... S'en suit un dialogue peu intéressant ou on voit comme toujours le sens politique et diplomatique de Cersei, et une autre où elle attaque ouvertement son frère en déclarant qu'elle sait qu'il est le vilain qui a libéré Tyrion... Ça change des livres, et dès lors place Jaime dans un rôle d'accusé, où il était normalement victime (c'est dommage, c'était un traitement intéressant des livres... mais bon.)
Suite à quoi, la voilà absorbée à écouter les discours des gens au pot de départ de Tywin "hear me roar" Lannister, où son ex-futur mari lui explique combien Tywin était, où son oncle lui explique combien Tywin était, où même le mestre Pycelle lui explique alors que Cersei sait que Tywin n'était pas tant que ça (du moins dans sa tête). Arrive donc le cousin Lancel, dans une livrée très romanesque, adieu les boucles blondes place aux sandalettes. Il joue efficacement, le ton est juste, et la tentative d'obtenir les aveux de Cersei est une séquence amusante, on sent que se tisse un fond de fanatisme qui approche et touche déjà la reine, par une menace subtile faite en filigrane.
Suite à quoi une séquence proprement inutile décrivant la tache de naissance de Loras Tyrell ressemblant à Dorne... Inutile car si allusion il y a aux sand snakes (j'y reviens avant la fin), à part la phrase de Loras du fait qu'il n'a pas besoin d'être discret "vu que tout se sait", tout n'y est que butt shot, et petit plaisir de Margaery qui se rince les yeux devant l'amant de son frère (tout en étant effarouché en entrant pour la première fois)... Ça travaille la triste veuve Tyrell, et ça se voit.
Bref, un tas de scènes peu intéressantes, sans doute LE point noir de ce début de saison.
3/ Un nain et un eunuque sont dans un bateau.
Si ça commence comme une blague, c'est sans doute ce passage avec celui de Daenerys qui racontent plus qu'ils ne teasent. Varys s'y découvre face à un Peter Dinklage toujours aussi magistrale. S'il n'y a pas grand chose à en dire, la vision d'un Tyrion désabusé qui souffre d'avoir du tué à la fois son amante ET son père est fidèle au roman. Le célèbre Nain Lannister décide donc de suivre Varys parce qu'il ne croit plus en rien, et le nihilisme pour un tel personnage rajoute un sérieux piquant. Dommage encore qu'il n'y ait pas de Illyrio, lequel doit être dans le jardin à s'occuper de ses azalées. Suite au prochain épisode sans doute.
4/ Une mère, ses dragons, ses esclaves eunuques, son mercenaire attitré et son peuple de venise.
Sans doute LA meilleure partie de cette épisode, notamment pour la scène d'introduction qui voit l'immense harpie de Meereen être anéantie et projetée en bas de la pyramide jusqu'aux pieds des Immaculés qui l'attendent. Et là, fait intéressant qui se confirme dans la suite, ils ne portent plus leurs armes ni leur casque ! Voilà que d'une armée uniforme commencent à naître des visages, des noms, et c'est là tout le nœud de l'histoire.
L'an passé, la romance entre Missandei et Ver-gris en avait laissé plus d'un dubitatif, pour ma part j'attendais de voir le traitement qui en naîtrait. Je ne suis pas déçu, dans cette séquence où l'on voit un Immaculé parcourir la rue des prostitués, trouver une bien précise, la payer et finalement lui demander simplement un câlin maternel dans le lit.
Les immaculés sont à la recherche de leur humanité perdue, car si Daenerys a libéré les esclaves, la liberté pour ces guerriers n'est qu'une idée abstraite. Bien entendu, on s'attend à ce qui arrive et quand la dague vient lui trancher la gorge, le constat est amer : En redevenant humain, les Immaculés deviennent vulnérable, et meurent facilement. Suite à ça, Emilia Clarke nous montre qu'elle sait de mieux en mieux surjouer, et ça par contre c'est pas bon... Entre la séquence avec Daario absolument ridicule, où il explique que "bah, j'me suis fait violer, mais j'étais un vilain garçon" (n'écoute pas cet homme sombre crétine... Tu entends les conseils qu'il te donne), et celle ou justement elle prend bien soin de décoller ses lèvres à chaque mots après la mort de rat blanc...
Heureusement la séquence des dragons (avec une belle montée en tension) suffit à palier ce petit soucis, je me plains juste qu'aucun des deux n'ait réussit à lui mettre la patte dessus (mais elle joue bien la peur panique, je dois avouer)
5/ Le mur, avec Jondon et Sampassagace :
Alors alors alors.... Demi-teinte encore une fois, demi-teinte parce que d'abord de belles surprises, et à la tête de toute : KIT HARRINGTON JOUE BIEN !!!!! dés la saison 4 on avait droit à des moments de bravoure, mais là il passe d'une émotion à l'autre avec subtilité et retenu... C'est que le début mais on y croit, vas-y kitty, peut-être que je te donnerai du monsieur à ce rythme là. Maintenant les acteurs sont toujours très bons autour de lui (mention spéciale à Tormund/ Kristofer Hivju, qui passe par tant d'émotions par le regard que c'est lui qui arrive le mieux à te faire naître la tension dans la scène finale, et sans une ligne de dialogue). Puisqu'on est sur le jeu d'acteur, je commence à trouver Carice van Houten relativement casse-pied dans son jeu monomaniaque, MAIS c'est pas vraiment totalement sa faute.
Je n'apprécie pas d'attaquer le scénario, sauf dans certains cas... Et là je me dois de soulever un point critique... ON EST DANS LA GARDE DE NUIT !!! D'abord, premier point qui m'a agacé, on parle de l’élection sans préciser que c'est une élection... "if lord Aliser is chosen"... Merci Sam, mais préciser par qui ? Comment ? Pourquoi ? Pour le public bien sûr que ce sera réexpliqué lorsqu'on la verra, mais l'introduire efficacement aurait été une bonne chose (parce qu'en plus pour tout le monde qui regarde, ça fait une saison et demi qu'Aliser donne des ordres), mais ce n'est pas le pire... Le pire c'est qu'il l'explique bien gentiment à GILLY ! Laquelle est là, au milieu de la cour à repriser gentiment des chaussettes. On explique depuis plusieurs épisodes (voire un truc comme le début de la série) que le fait d'être dans la garde de nuit impose des règles assez strictes, dont la première "I shall take no wife"... Et là, dans une assemblée qui je le rappelle compte pas mal de violeurs, où ils ne sont pas censés avoir vu de femmes depuis une éternité se balade tranquillement une sauvageonne, et tous le monde s'en fout, même Fantôme qui mange du poulet.
Le nœud de la séquence est surtout le choix de Mance Rayder, à qui on demande gentiment de s'agenouiller devant Stannis sinon on le crame. Encore pour le côté blague, on remarque que Stannis fait donc une démonstration de force qui consiste à se faire super apprécier des types qu'il vient de sauver... C'est relativement logique, et relativement con aussi quand on sait qu'il sait ce qui arrive au Nord (ou qu'on pense qu'il le sait) et tout le reste. Mais l'erreur est humaine, et ils sont tous humains pour le coup.
Jon, lui, le plus humain de tous se décide à achever un Mance qui balance avec panache "Stannis, tu ne m'as pas cru, tu m'auras cuit".........
C'était nul...
Pardon...
6/ Pendant ce temps, avec Dark Sansa, lady Brienne, Podrick Siffredi
Séquence relativement pauvre, où on voit un Littlefinger jouer toujours aussi bien, et montrer à quel niveau il situe la confiance de ses alliés. Mais la vraie séquence dans les terres du Val reste le dialogue désabusé d'une Brienne sans serment qui doit en retrouver un nouveau... Vas-y je compte sur toi, tes séquences étant trop souvent mal considérées !
7/ Des Dorniens, de l'intrigue politique, Arya et le temple du... Euh... Wait
Mais où sont-ils bon sang ? Après me les avoir vendus comme du rêve en me disant que ça allait être LA saison de Dorne, tu es en train de me dire vilain coquinou que la seule chose que je vais voir du pays du sable, du soleil, de la Dornishman wife, c'est la tache de vin de Loras ? Et tes Sand Snakes une erreur de langage de son nouveau chéri d'amour ????
On aurait pu me réduire cette séquence, la mettre ailleurs, jamais, mais surtout pas là... On se retrouve maintenant avec un simili épisode, plus introductif que jamais, alors qu'on est déjà à la 5e saison...
8/ Le bilan
les plus : - Kit Harrington joue enfin avec subtilité
- l'arc Tyrion qui peut apporter un vrai voyage au cœur d'Essos
- l'arc Meereen avec du contenu et de l'image intéressante
- Natalie Dormer qui joue toujours aussi bien
- Lancel qui revient pour du jeu de meilleur qualité
- Fantôme qui mange du poulet (au moins il est là)
- la séquence des dragons
- la série réussit toujours autant les séquences muettes
les moins : - l'arc port-réal qui démarre très mal
- Emilia Clarke qui fait de plus en plus n'importe quoi
- Daario Naharis... Juste Daario Naharis
- Sam et sa chère sauvageonne qui nient tout ce que le show essayait d'expliquer
- un flashback plein de promesses pour en fait pas grand chose
- Où sont mes FUCKIN DORNIENS !!!!!
- les dialogues pas toujours au niveau
- un épisode introductif... Encore... Alors qu'on est déjà à la saison 5
