Et oui, de la photo noire et blanche, une citation latine, et un petit jeu pour les deux trois qui suivent. Non, je vais pas vous demander ce ça veut dire la citation latine, google est ton ami... Mais qui est le type qui parle à Boba Fett ? On en a déjà parlé sur ce site, à deux reprises au moins, et on en reparlera sans le moindre doute.
On avait bien comprit la portée de Star Wars en 1977 lors du précédent article (pour rappel ici) et on a clairement saisit à quel point c'est rapidement devenu un phénomène de malade mentaux, du genre qui bave sur la chaise hein (on est un article star wars, je mets des métaphores complétement allumé tout va bien) Il va de soit que la Fox se frotte les mains et veut mettre en chantier la suite. Mais Lucas ne se laisse plus faire, et Lucasfilm attaque avec son empire pour s'assurer être seul producteur du film.
On contre-attaque ?
1/ Histoire et mise en place
L'Empire contre-attaque commence à rentrer en pré-production en 1978 pour un tournage en 1979 et une sortie prévu en 1980. Lucas, qui a bien comprit que la Fox c'était pas vraiment les mecs les plus cools de la terre (il le savait sans doute déjà avant) décide de faire son film en le finançant tout seul. Il va donc faire comme n'importe qui, un emprunt à la banque, et repart (pas du tout comme n'importe qui) avec 18 millions de dollars... Bon, j'exagère hein, il utilise aussi une partie de sa fortune faites grace aux produits dérivés du film précédent. Grace à tout ça, il fait un joli doigt à la Fox qui se contentera de distribuer le film, engage un réalisateur, un scénariste et se barre du projet.
Oui... Il se tire. Bon, encore une fois j'exagère un tout petit peu, mais je reviendrai plus tard sur à qui qu'il est ce film en fait.
Donc, l'Empire contre-attaque sort en 1980, et raconte la suite des aventures du précédent. Trois ans ont passé dans cette galaxie lointaine, et Luke et ses copains fuient l'empire qui a bien décidé de massacrer les misérable. Fort heureusement, les rebelles sont planqués sur Hoth, la planète des glaces (car oui, on peut être rebelle ET avoir le sens de l'humour). Là, ils s'amusent comme ils peuvent, survivre aux wampas, faire des chateaux dans la neige.
L'empire leur tombe dessus assez vite, et s'en suit une des batailles les plus mythiques de Star-wars. Celle des snowspeeder (alias T-47) contre Dromadaire (Alias TB-TT : qui d'ailleurs veut dire transport blindé tout terrain. C'est con mais ça peut être intéressant à savoir). On y reviendra mais on remarquera que beaucoup ont dit sur cette séquence qu'elle était particulière, car justement elle introduisait le film, au lieu de le conclure.
Suite à cette attaque, les rebelles se tirent en sauvant ce qu'ils peuvent et nos héros se séparent, Luke allant se paumer sur la planète des bisous pendant que Han et Leïa sont poursuivis par la flotte impériale. Combat, entrainement, combat, fuite, Luke se pointe, "je suis ton père"... Sérieux vous connaissez la suite.
2/ "Non Luke... Je... Je suis Joseph CAMPBELL"
Bon, on va encore (oui) reparler de Joseph Campbell. (un jour je ferai une vidéo sur ce mec) Mais plus spécifiquement sur e personnage de dark vador, et la relation père - fils dans le mythe du héros. En fait, on va même faire un peu de psychanalyse, d'entrée, sur qui c'est en fait ton père ? Ton père, c'est la personne qui te donne la vie à moitié, jusque là on est d'accord, mais pendant longtemps dans les sociétés occidentales c'est aussi et surtout la figure d'autorité. On va parler un peu de cette optique d'un point de vue masculin, pour plus de facilité quand à la généralité, et parce que Luke est un mec.
Le héros, dans son apprentissage, est souvent "orphelin". Comprenez que ça veut pas dire que ses deux parents sont morts (bien que ce soit souvent le cas), mais que son identité est remise en cause. En gros il ne peut pas s'accomplir et s'accepter en tant que "je" parce qu'il n'a pas de référent de vie, et de mort. L'idée, c'est que tu n'es toi que parce que tu es le fils de tes parents, et qu'au bout d'un moment vivre dans l'ombre de personne que tu ne connais pas c'est un peu la loose (typiquement Harry Potter à qui on dit tout le temps qu'il est le portrait de son father avec les yeux de sa mère).
Donc à un moment, si tu veux t'accomplir en tant qu'individu faut passer par delà cette ombre. Et comme tu es un héros, tu peux pas te contenter de passer ton bac. Là où c'est "lol" c'est que dans son parcours, le héros passe par les enfers. Il fait cela afin d'en revenir, et dés lors d'accepter inéluctabilité de sa route, le fait que quel que soit les actions qu'il commettra ne l'attend à la fin de la fin que la mort.
Ça peut paraître triste, SAUF que l'acceptation de la mort est la nécessité numéro 1 pour vaincre son adversaire. Car la figure ennemie, souvent une figure paternelle (ou projection du futur possible comme gollum avec Frodon) est un personnage qui a eu le choix, et que la peur de la mort a fait renoncer à toute vie. Ainsi le personnage est confronté, à un moment, au même choix que cette figure et fait généralement le bon, devenant ainsi un héros à part entière, et un être vivant.
On revient à Star Wars. Dans cet Empire contre-attaque Luke passe bien par les enfers, si la scène est clairement identifié comme "la grotte" sur Dagobah, son expertise de la mort se place quand il perd sa main. La phrase "Je suis ton père" ne vient elle pas du tournage où l'on disait en réalité "Obi-Wan a tué ton père."
Néanmoins si le "noo" de Mark Hamill est dans les deux scènes parfaitement entendable, la version finale fait une référence explicite à la scène de la grotte (où Luke voit qu'en dessous du masque de vador, il s'agit de son propre reflet, signe de ce qu'il adviendra de lui s'il fait le mauvais choix). Luke est face à son destin et choisit la mort plutôt que l'acceptation (il saute dans le vide sans espoir sur le moment d'un échappatoire)
3/ Est-ce que l'Empire il contre-attaque vraiment ?
Et comment le film est jugé alors ? L'Histoire le retient aujourd'hui comme le meilleur de tout les films Star Wars. A l'époque par contre le New York Times le descend en flèche et les critiques américaines sont relativement corrosifs. En France, la critique apprécie le long-métrage, même dans les magazines chiant. Le film est le deuxième film avec le plus gros succès de l'année en terme de box-office (derrière un étron avec Sophie Marceau.)
Par contre, dans le Monde c'est un carton. Un carton total qui dépasse même son prédécesseur (pas aux Etats-Unis, mais c'est la faute du times, c'moi qui vous le dit). le fait est que cet épisode casse avec la narration de l'époque. Si les films à suite n'étaient pas inédit (fritz lang appliquera l'idée 50 ans avant pour l'anneau des Niebelungen) ça fait longtemps qu'on en a plus vu, et le fait d'être un film sans réel début ni fin (il y a clairement un cliffhanger cumulé entre le "je suis ton père" et le destin de Han.) est encore une particularité du genre.
Les deux grandes avancées scénaristiques sont bien entendu la romance entre Han et Leïa et l'entrainement de Luke. Han, autrefois désabusé, commence son changement après 3 ans en compagnie des rebelles. S'il est toujours distant son rôle de mauvais garçon n'est plus qu'une façade. C'est aussi dans cet épisode que sort la réplique non moins célèbre "je vous aime" "je sais", improvisé comme beaucoup de chose par Harrison Ford lui-même.
L'entrainement ensuite par Yoda, qui fait son apparition. Le vieux sage se retrouve totalement gateux et rendu fou par l'isolement sur cette étrange planète, et sincèrement il est le merveilleux ajout de cet épisode. La confection de la marionnette est complexe, nécessite de relever le studio d'un mètre et de le remplir d'eau, mais les séquences offrent les premières et meilleurs visions de ce que la Force doit être.
4/ Mais en fait c'est à qui qu'il est ce film ?
On en revient à cette question avant de parler du remix. Quel rôle a joué Lucas dans la création de cet épisode, et donc si en terme de droit le film lui appartient (puisqu'il en est le porte-monnaie unique, on l'a vu), en terme purement artistique ne devrait-on pas voir les hordes de gens taper du poing et dire "ah nan mais non de dieu, c'est pas bientôt fini ce tintouin ?"
Parce qu'on l'a dit, Lucas ne le réalise pas, ne le produit pas en exécutif (rôle pourvu à Gary Kurtz) vient seulement deux fois assister au tournage, a écrit la mouture du scénario, et finalement a laissé le reste à Lawrence Kasdan (il avait d'ailleurs fait retravaillé une première mouture par Leigh Brackett jetée à la poubelle car juge non-cohérence. La mort de la scénariste a empêché qu'elle retravaille son jet, obligeant Lucas à se tourner vers le scénariste des Aventuriers de l'arche perdue.)
Lawrence Kasdan est un type particulier, sa carrière a brillé par star wars mais il a autant été dans des situations désastreuses (Mumfort et Dreamcatcher) que dans des bases du cinéma classique Irvin Kirschner de l'autre côté réalise ce film, et lui c'est un vieux de la vieille. Ancien prof de Lucas, il s'accorde avec Gary Kurtz sur la dualité, et gomme tout message manichéen (non, star wars n'est pas une oeuvre avec des personnages manichéen.)
Bon, donc ni réalisateur, ni producteur exécutif, à peine scénariste... En gros Georges Lucas c'est le banquier ? L'équivalent actuelle d'un Vincent Bolloré par encore aussi cynique mais qui commence à sombrer. Mais là n'est pas le propos. Imaginez donc que Lorenzo de Medici (le dirigeant de Florence pour ceux qui ont pas joué à Assassin's creed) ait décidé de prendre un crayon et de raturer tout les tableaux qu'il avait commandé ? On le retiendrait comme un sale con d'empaffé...
Et oui, c'est exactement ce qu'a fait Lucas. Il aurait même détesté ce qu'on avait fait de son film, ce qui explique la folie des renvoies post-empire contre-attaque. Exit Irvin Kirschner et surtout Gary Kurtz, deux personnalités trop fortes à qui Lucas montre la porte.
Nous y reviendrons, notamment sur le destin des personnages en lien avec la vision de Campbell. On remarque bien que les choses commencent à tourner dans une direction étrange, ce film reste donc la pierre angulaire de la trilogie de par ses dialogues, ses implications et c'est exactement ce que Lucas tenter d'anéantir, n'y parvenant pas.
Le remix y touchera de manière étrange, rajoutant par exemple cet entrevue entre l'empereur et Vador, véritable aux plus grandes heures des cinématiques playstation. Lucas ne s’embarrasse plus de l'esthétique dans ces nouvelles versions, il se contente d’aligner les changements gênants à peine on voit une bonne idée qu'elle est balayée. Mais l'Empire contre-attaque restera le film que Lucas aura le plus de mal à détruire aux yeux du public, tant il jouit d'une légende unique.
5/ Bilan
Article court (et en retard) qui fut dur à sortir tant l'empire contre-attaque est plus qu'un film. Cette œuvre a changé le cinéma de manière plus fulgurante que son prédécesseur qui on l'a vu avait déjà accompli une révolution sur le genre de film produit par Hollywood. Les implications sont plus grandes, les enjeux plus fort, et c'est grâce à cette pierre angulaire fondatrice que des années après on assiste à une telle déferlante pour des places de cinéma vendu en pré-vente jusqu'à 2 semaines complètes.
L'Empire contre-attaque signait l'arrivée et la naissance avéré du premier mythe essentiellement cinématographique, et rien jusque là ne parviendrait à égaler une telle démonstration de force... Pas même Lucas 3 ans après.
C'était donc la deuxième critique sur Star Wars, on se retrouve ce week-end pour le Retour du Jedi. Je vous rappelle que vous pouvez totalement critiquer cette article, et le partager aussi !
L'Homme en Noir est aussi sur facebook : https://www.facebook.com/Nico.Koredly/
et sur tipeee : https://www.tipeee.com/les-critiques-de-l-hommes-en-noir
