Bonjour les campeurs et haut les coeurs, il est temps de parler de la revanche des sith ! Sans doute le meilleur film de la prélogie (ce qui n'est pas dur) la dernière production signé Lucas pour Star Wars. Il décide de partir en fanfare, anéantissant comme un geste quasi prophétique l'ordre jedi et sa philosophie, dans les flammes d'une planète infernale.
Originellement l'épisode VI devait s'appeler la Revanche du jedi, et c'est en recyclant ce titre que Lucas décide de faire le lien entre la prélogie et la trilogie finale. On va voir que le récit de ce dernier numéro fonctionne bien mieux que le reste et on va tenter d'expliquer pourquoi, sans oublier de préciser que ça reste un mauvais film pour le reste.
1/ un Vador sans invader, un sidious absolument pas inside.
La guerre des clones fait rage depuis un paquet de temps (en fait 3 ans). Alors forcément ça a rendu les gens un peu nerveux à travers la galaxie, et les séparatistes (qu'on sait pas toujours bien ce qu'ils veulent en fait) décident d'attaquer la capitale de la galaxie coruscant. Ils arrivent à capturer le chancelier suprême (sans qu'on sache toujours comment)
Je sais pas exactement ce qu'il s'est passé durant ces trois ans, mais ça a suffisamment fait fondre les plombs des gens pour qu'Anakin décapite juste poussé un peu par Palpatine. Et en fait on en arrive au vrai gros point noir de cet épisode.
J'ai la nette impression que TOUT les personnages de cet épisode sont systématiquement débiles. Palpatine est à peu prêt aussi discret qu'un noir homosexuel dans une réunion du FN (t'as vu, blague post-election). Et malgré la démonstration de bêtise du monsieur kaiser, anakin est encore plus bête et n'hésite pas à céder tête baissée au chancelier.
Le problème, c'est qu'en suivant les films on voit qu'ils ont eu une relation absolument inexistante (en effet, ils n'ont "discuté" qu'une fois à la fin de l'épisode 1). Alors je veux bien qu'on me sorte un contenu plus mature, et qu'on y ajoute des références au serpent et à la tentation, mais faudrait voir à pas déconner.
Palpatine est l'exemple parfait de l'incapacité de Lucas à raconter une histoire qui a du sens quand il est seul. Il s'est tellement éparpillé qu'il se rend compte qu'il doit conclure, panique, et torche un travail en 1h20 où il avait auparavant 3 films. Palpatine aurait pu fournir le même discours, et il aurait été crédible si Anakin avait déjà approché le chancelier.
Ainsi la descente aux enfer de Vador ne fait office que de passage par un petit purgatoire, sans compter le fait que dans sa descente il côtoie natalie portman, merveilleuse dans son interprétation d'une borgne aveuglée par l'amour.
2/ Programme politique, mais quoi d'autres :
Connement, ce qui fait la plus grande force de ce film est le discours politique qu'il entend donner à son spectateur. La transformation d'une république en empire, tout ça dans les affres d'une manipulation majeure de pouvoir corrompu est intéressante. Mais cette transformation s'accompagne d'un retournement de situation qui est compliqué quand on sait que la République dés l'épisode I est montrée comme corrompue.
Le problème, c'est que tout la démonstration de cette tombée dans les enfers notamment par le biais d'anakin est à l'image du personnage. Le jeune élu de la prophétie-ultra-mystérieuse-qui-sert-à-qued, comme la République, est déjà absolument prêt pour sombrer et à donner "ein reich, ein volk, ein fuhrer" dés l'épisode II. A croire qu'obi-wan est une quiche pour pas voir que son apprenti est déjà du genre à dire "non mais ok, j'suis pas raciste, mais le FN il dit pas que des conneries."
Je ne sais pas ce qui rend à ce point les jedis aveugle pour pas se rendre compte qu'anakin est un taré et qu'on lui confie encore des missions autre que "va là-bas et prend cette casquette de dame pipi". Non, là on laisse la situation être empiré (empire, haha) sans même passer une minute à recadrer ce psychopathe.
Cela mise à part, la mise en place du récit (qui suit relativement l'accession au pouvoir d'Hitler, donc c'est pas non plus 100% original) est intéressant, notamment dans le contexte post-2001 avec le 11 septembre qui a enchainé des actions conséquentes dont on voit encore le délire aujourd'hui.
Admettons donc qu'il s'agit de la partie la plus importante et la mieux traité du récit, et la mieux traitée pour le peu de temps qu'on la voit.
3/ Une fin en triomphe
Si on exclut le récit, deux scènes marquent par leur ingéniosité et leur brio. La première prend place dés l'ouverture, lorsqu'on voit les jedis se lancer à l'assaut du vaisseau de Grievous. Ce plan séquence, bien adapté, met tous de suite dans l'ambiance de ce conflit. La situation remet pour la première fois un vrai conflit spatial à grande échelle.
Pour la première fois le conflit se passe à plusieurs niveaux, ce n'est pas juste deux hordes qui se rencontrent. La séquence souffre encore de commentaires à deux ronds de la part de Hayden Christensen (toujours aussi mauvais comme un cochon, notamment quand il joue la colère).
L'autre grande séquence reste le duel final entre yoda et palpa... Non j'déconne. Clairement l'ordre 66 est une séquence forte, puissante, que je conseille de voir en VF, la voix du novice avec son accent texan brise tout le récit. Mais oui, du début de cette séquence avec l'attaque sur obi-wan, jusqu'à ce moment où Yoda décapite les deux clones qui tentent de le tuer, la séquence est forte.
Tout le monde s'attendait à ce moment dans la prélogie, et l'exécution de p'tit minot novice par contre est inattendu et il faut le dire bien amené. Difficile de voir une scène comme ça sans avoir un pincement au cœur face au déluge de violence que subissent les jedis aussi impuissant que les Stark aux Noces Pourpres ou les assocs de dans orientales dans les régions FN.
La violence de l’œuvre se calque sur ce déclin annoncé pour cet épisode 3, et cette séquence comme je le disais en intro termine la vision d'un ordre jedi dépassé par les événements. Lucas fait tuer les jedis par des clones, établissant presque là une catharsis face à cette œuvre qui lui a été dépossédé et que finalement il déteste.
Étonnant de ne pas remarquer que c'est ce film qui est le meilleur quand il est surtout tragique, et voit l’émergence d'un ordre totalitaire qui anéantit ce que la trilogie originale avait fait renaître, je sais pas vous mais moi j'trouve ça intéressant.
4/ Un péril sans gloire
Le film fait globalement un très bon score au box-office... Sans doute est-ce là un effet dû à "le dernier film star wars que vous verrez au cinéma". Après, il est aussi possible que les gens aient senti un trouble dans la force. En tout cas on a entre 300 et 400 millions de dollars en plus que l'attaque des clones.
La critique générale a beau être plus tendre avec ce film, la vérité c'est qu'il est à l'image de la prélogie, victime de son univers étendu sur lequel se repose beaucoup Lucas pour combler son gruyère. Plein de trous, le récit peine à se justifier à moins qu'on lui excuse tout les écarts.
On peut aussi penser à cette scène ridicule où Sidious, révélé, tue sans le moindre soucis 4 jedis en une attaque. C'est des raccords faux, une organisation complexe de plans pour justifier qu'un vieillard parvienne à vaincre 4 jedis comme ça... Comme on dit "Ta Gueule C'est Magique." chez Lucas.
Aucune scène ne parvient à égaler seulement la maestria de l'introduction, le duel yoda sidious est mou autant qu'inutile, couvrant toute la séquence du rire ridicule de sidious et de ses onomatopées pour chaque situations.
le film garde donc une saveur tiède, mélange d'idée sans doute dû à la déconvenue de Lucas qui ouvre enfin son équipe à des gens capable de le contredire. Mais non, il n'égale pas pour autant ses grands frères à cause d'un lot de casseroles assez sauvage, se payant même le luxe de se pointer avec un caméo royale en la personne de chewbacca, toujours pour flirter dans le sens du poil de wookie.
Entre hommage à deux ronds, situation extrêmement complexe à déméler, on assiste à une bataille sur Kashyyk où un Wookie fait le cri de Tarzan en attaquant un char d'assaut droïde... Sans compter le général grievous, adversaire malade qui joue la surenchère des 4 sabres pour être expédié plus vite qu'un tir de Greedo.
5/ Bilan
Un film comme ça devait être le dernier film Star Wars au cinéma. Lucas osera quand même poussé le vice en sortant un film clone wars, ridicule et qui tentera d'enterrer la série animée qui elle se permettait de réussir l'exploit de raconter quelque chose. La revanche des sith signe lui la fin de Lucas réalisateur de star wars, il enterre dans sa lignée une mythologie abimée par des choix douteux, et une série de décision atroces.
Mais cette revanche, dans l'histoire du cinéma, se placera comme le véritable prologue d'un nouvel espoir, celui qu'annonce la trilogie originale, et celui que porte tout un public envers le seul univers mythologique originale du cinéma. Peut-être l'épisode VII suivra comme promis la lignée des épisodes IV, V et VI. Peut-être au contraire nous verrons un peu trop d'épisode III dedans, et la seule chose qui est sûr, c'est que cette prélogie aura entamé la confiance des fans qui avaient porté à eux seuls le succès des films star wars, les rendant méfiant sur l'avenir qui se dessinera définitivement dans les prochaines semaines.
