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L'Homme en Noir

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instants de chroniques pour du temps à perdre !


vanitas vanitatum omnia vanitas

Publié par Nicolas Koredly sur 11 Mars 2016, 07:35am

vanitas vanitatum omnia vanitas

Bon, je veux parler de Spotlight depuis environ quinze jours. Si j'ai pris du retard sur la conception d'article, ce "petit" décalage a permit de voir la cérémonie des oscars le récompenser comme le meilleur film de l'année 2015. On y reviendra, promis, au cours de l'article, mais l'heure actuelle va déjà être de recentrer un peu le débat.

Parce qu'en fait, c'est bien ou pas Spotlight ? Est-ce que ce film vaut le coup d'oeil, du genre vraiment ?

On attaque.

1/ Spéciale dédicace à ce gros connard de Barbarin

Spotlight décide de raconter, ou plutôt de suivre l'équipe de Spotlight du Boston globe qui a enquêté, travaillé et révélé la plus grande affaire de pédocriminalité de l'église Catholique, avec en prime une petite, touuuute petite dissimulation des faits (comprenez, l'église doit pardonner ses brebis égarés).

Et c'est tout pour le résumé, ils enquêtent, on se rend compte de l'ampleur du bousin, et finalement... Finalement rien en fait, ils révèlent le truc et personne n'est condamné, les gens savent mais rien ne changent, à part pour le cardinal (ou l'évèque, je sais plus trop) qui va se retrouver promu au vatican.

Le film choisit donc de se concentrer, de faire un focus complet sur une équipe de journaliste, et se heurte à une visée documentaire en se focalisant sur ces personnages pour n'être que là où ils se trouvent, voir ce qu'ils voient, et donc être témoins des événements comme nous sommes les témoins de leur travail.

Et comme sur le récit, je n'ai pas grand chose à dire, on va aller directement dans le noeud du problème.

2/ L'ordre et la morale

Oui, la pédophilie c'est pas bien, et tuer des gens non plus c'est pas bien, et en fait voler non plus, sauf quand c'est pour manger... Enfin voilà quoi...

Le film Spotlight est intéressant, mais non pas dans son sujet qui n'est qu'effleuré avec un aspect documentaire complet, mais dans son traitement de l'information qui conserve, étrangement, un lien ultra attaché à ce qu'il condamne. Oui Spotlight dénonce, mais d'une manière moraliste et douce, bien dans le sens du poil.

Le procédé du documentaire, s'il n'excuse pas, exclue tout point de vue du réalisateur. C'est vrai "c'est pas moi qui le dit, c'est les témoins de la scène" sert à se protéger. La fiction aurait laissé une liberté de prendre parti, d'offrir une rédemption à l'église, ou une accusation en bonne et due forme.

Mais ça ne fonctionne pas ainsi, Tom McCarthy livre un film où son point de vue est protégé, caché derrière des personnages qui ne sont, ne deviennent, que des simples rapporteurs de fait. Des faits terribles, mais la fiction devrait offrir plus qu'un simple compte-rendu.

Oui, j'attendais plus, oui, j'attendais une scène où le cardinal qui a tout planqué se retrouve face aux victimes. Je voulais une scène qui sorte du contexte propre dans lequel on nous enterre dés le départ du film.

Donc la pédophilie c'est pas bien, mais pourquoi diable les institutions catholiques ont-ils cachés ça ? Une hypothèse, même fausse, même à base d'extraterrestres, de grande reine tarentule ou que sais-je encore.

3/ La grandeur des justes

Mark Ruffalow est, quoi qu'on en dise, le personnage principal de ce film. Incarnant le journaliste Michael Rezendes qui mis à jour avec ses collègues le scandale. Ce personnage est sans doute celui qui a le plus d'implication scénaristique, et qui a le droit (miracle) a UNE scène où il s'agace légèrement du fait qu'on a laissé des enfants se faire violer dans l'indifférence générale.

Son traitement est aussi singulier, quand il se retrouve à discuter au téléphone, et uniquement par téléphone, avec un spécialiste de la question de la pédocriminalité qu'il ne peut jamais voir (le monsieur s'inquiétant pour sa vie). Alors, l'idée est intéressante (bien que jamais, JAMAIS il n'y ait un seul moment où un risque autre qu'un procès est évoqué), sauf qu'elle se rapproche beaucoup de la prière d'un monsieur auquel Dieu répondrait.

Non, je ne dis pas que Dieu agit et que c'est un psychologue, mais c'est le même système défendu, le même genre d'action qui cherche à reproduire les concepts judéo-chrétien en les sortant juste de l'institution.

Et il faut quand même s'interroger, car les affaires du Vatican, qui ressortent (autant celle-ci que les trahisons financières) ont quand même conduit au fait extrêmement rare de la démission d'un Pape, c'est pas rien quand même.

Sans vouloir même me faire analyste politico-religieux, ça a entrainé l'élection d'un gentil pape tout mignon histoire de redorer l'image écorné d'une institution catholique, davantage protectrice des pédophiles et soutient à la manif pour tous (hein cardinal Barbarin).

4/ Best Movie EVER

Spotlight a été récompensé de l'oscar du meilleur film de 2015. Non. Spotlight ne vaut pas un tel prix, surtout quand il a comme concurrent des films comme le Pont des Espions ou, excusez-moi du peu, Mad Max Fury Road.

Il est bien en deçà, même formellement, de la plupart de ses concurrents, mais il est important de voir pourquoi il gagne, car c'est symptomatique d'une époque. Spotlight est, sans le moindre doute, le film le plus politiquement correct de cette célébration (encore une fois, oui la pédophilie c'est mal, et dénoncer les prêtres pédophiles c'est presque un sport depuis longtemps)

The Big Short abordait le cynisme décomplexé de traders voulant s'enrichir en ayant prévu la crise financière, Le Pont des Espions déjà traité ici montrait la difficulté d'un état à demeurer humain face à un ennemi idéologique, The Room traité de l'inceste et d'un cas criminel avec une sévérité terrible, et Mad Max... Mad Max est juste LE film salué par tellement de monde que seuls les crétins les plus cyniques ont pu lui reprocher bêtement des choses en grattant tellement que ça en devient ridicule.

Face à tout ça, Spotlight dénonce quoi ? La pédophilie des prêtres ? Le fait que l'institution catholique est un repère de salauds capitaliste pensant davantage à leurs petits privilèges qu'à vraiment faire face à leurs problèmes.

Hollywood récompense le film pour ce qu'il est, un film qui dénonce sans accusation, qui montre en cachant, et qui reste un film plein de bonne volonté d'une affaire absolument horrible. L'académie décide donc de récompenser ce message, pour fournir aux gens de bonnes volontés un message relativement simple "on est contre la pédophilie, c'est pas bien."

5/ Bilan

J'aime bien Tom McCarthy. Sincèrement, c'est un réalisateur que j'apprécie pour trois faits complétement cons : d'abord parce qu'il est un acteur qui a toujours jouer des rôles de crétin (2012) ensuite parce qu'il est le réalisateur jamais crédité de ce qui aurait du être l'épisode pilote de Game of Thrones, et enfin parce qu'il est le scénariste/réalisateur d'un mini chef d’œuvre "the station agent" que je conseille.

Avec Spotlight, il a sans aucun doute voulu bien faire, et le film est loin d'être déplaisant. mais il ne vaut ni la pub qui en est faite, ni les salutations merveilleuses de tout un public. Spotlight est un film qui ne dénonce pas, mais témoigne, et si les témoignages sont important, ils demeurent des procédés plus proche d'un biopic peu intéressant que d'un vrai grand film. Dommage.

Voilà, je vous rappelle que pour les insultes, les likes ou les partages il y a ici : https://www.facebook.com/Nico.Koredly/

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On se retrouve bientôt, avec un article sur l'adaptation.

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