Aujourd'hui c'est la saint-valentin (youpi tralala) ce qui veut dire qu'il va y'avoir au fond 4 genres de personnes qu'on va croiser aujourd'hui :
1 : les gens en couples, tellement heureux parce qu'ils se sont roulés une pelle pour la première fois il y'a 7 mois, 18 jours, 9 heures et 36 minutes, que cette fête sera l'occasion de montrer à tout le monde le bonheur, en l'étalant sur deux couches façons : "t'as vu comment ma soirée elle était trop belle avec suzette... ("han mon amour, marions-nous sur facebook le plus vite possible, je veux pas attendre nos 15 ans !")
2 : les gens en couples qui affirmeront s'en foutre, pour pas passer pour émotifs, des sensibles, et ainsi montrer leur défaillance et leur faiblesse à la meute. Sous-entendu jouer la carte du politiquement correct : "non non, pour moi c'est qu'une fête commerciale débile de plus, hors de question que j'y participe !" Avant de flipper parce que le fleuriste ferme à 18h30 et qu'il a oublié la commande de roses... ("Vas-y, ose dire que tu es heureux")
3 : les gens en couples qui ne veulent vraiment pas fêter la saint-valentin, à se demander l'intérêt pour eux d'être en couple, à croire que leur console ne devais plus fonctionner (fallait prendre la garantie 2 ans et plus...) : Ceux-là ont juste à espérer que leur conjoint avait aussi raté la promo garantie, parce que s'il ne fait pas partie du groupe 1 ou 2, y'a de grandes chances qu'ils fassent partie du groupe 4. ("tiens ma chérie, pour cimenter notre couple comme jamais")
4 : Les célibataires, qui au choix se serviront de leur main droite ou gauche pour oublier que le fait d'être célibataire est le seul handicap qui a le droit à une journée pour se foutre de ta gueule... Il est juste battu par orphelin où y'en a deux !
Parce que c'est vrai hein ! Si y'avait une journée spéciale où on fêtait le fait d'avoir deux jambes, ils diraient quoi les handicapés... Où le fait d'être doté de deux testicules ? Ce serait les eunuques et les femmes qui gueuleraient !!
Mais trêve de palabres inutiles, non !
Aujourd'hui l'important, c'est que j'ai pris mon baluchon et comme à chaque saint-valentin je suis parti observer la comédie romantique la plus décalé possible, fort heureusement cette fois au cinéma : The happiness therapy !
Le film commence à l'américaine, plantant sans même avoir besoin de dialogues interminables toute la situation. Le personnage, Pat Solitano Jr (à replacer, étant issu d'une de ses familles américaines où les noms sont donnés comme des médailles, c'est important quand on sait que le père n'est autre que De Niro), est dans un asile après avoir vu son univers être réduit en miette.
Finalement, il ressort après 8 mois (on découvre au passage Chris Tucker, un autre frappé qui tente de s'échapper de l'asile) sous responsabilité parental, et comme n'importe qui dans une situation borderline, il décide que tout doit redevenir comme avant sa situation merdique.
Lors d'une soirée, il rencontre Tiffany, autre créature borderline (aussi bipolaire que lui à comprendre) jouée par Jennifer Lawrence (qui est plus efficace en folle qu'en héroïne de la révolution) qui décide de lui filer un coup de main, pour qu'ils tentent chacun de surmonter le problème de leur vie (je ne dirai pas ce que Tiffany a besoin, ce serait gâché le film).
Selon moi, ce film est une immense réfléxion sur le fait d'être brisé, d'un côté comme de l'autre par la vie, et la difficulté et surtout la peur que ça entraîne sur votre entourage. Je ne crois pas que ce soit un hasard si on a prit Robert de Niro pour jouer le père, il fallait une personnalité forte pour justifier toute la trame émotionnelle des personnages.
Un individu borderline n'a pas essence aucun réél repère dans la vie, il est seul face à une situation dans laquelle il n'a aucune maîtrise, et c'est là tout le soucis. On assiste à la peur de ses anciens collègues, victimes de leurs craintes de l'incompréhension de cette maladie, et finalement de cette souffrance qui ne s'extériorise que par un comportement quasi autistique avec les autres..
Finalement, c'est le jeu de la normalité, d'un individu qui souhaite retrouver son bonheur, ou l'illusion de celui-ci. Une crise identitaire dans laquelle ses proches assistent impuissants car finalement, leur plus grande peur étant d'avoir à gêrer une crise de celui qu'ils ont connus si stable, et de ne plus jamais retrouver cet individu.
Réfléxion sur la folie, autant que sur la reconstruction après la perte de nos repères (pas seulement des personnages principaux, ce père lui aussi ayant perdu sa retraite, son statut d'icône patriarcale, et finalement l'image qu'il faisait de son fils), le film ne prend ni détour, ni arguments pour prouver à quel point ça peut être facile de changer, nous démontrant au contraire que les choses ne sont pas aussi évidentes que de belles phrases sorties pour justifier un arrangement magique d'une situation.
C'est ainsi que doit être perçu ce film, un aspect touchant de personnages détruits, de la perte de nos repères en conduisant de nouveau, et finalement de l'espoir de pouvoir vivre une vie heureuse sans avoir une vie normale !
Bref, Excellsior...