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L'Homme en Noir

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instants de chroniques pour du temps à perdre !


Star Wars 8, les derniers Jedi

Publié par Nicolas Koredly sur 17 Décembre 2017, 17:40pm

Star Wars 8, les derniers Jedi

Cet Article analysant un film, je me dois de vous prévenir qu'il contient tous les spoilers imaginables de ce long-métrage. Donc pas la peine de venir chouiner sur ça.

 

Il était une fois, dans une galaxie lointaine, très lointaine, un film qu'on appelait Star Wars. Ce film, que j'ai vu des années après tout le monde, mais dans mon enfance, a été primordial pour mon développement. Mon identification enfantine au personnage de Luke a été fondamentale, la route quasi religieuse, car je ne grandissais pas autour d'icônes bibliques, mais de cette pop culture. Les messages que les différents personnages m'ont transmis revêtissent donc un caractère particulier, voire sacré.

Si vous esquissez un sourire à cette lecture, ou que vous jugez ridicule l'approche d'un homme à un film comme d'une référence religieuse, je comprends que vous ne saisissiez pas les difficultés profondes que j'ai avec ce film. Faites-vous pourtant à l'évidence, Star Wars est un récit mythologique ET cinématographique et c'est le premier du genre (et un contenu toujours à part). Parlons donc ensemble de ce Star Wars VIII :

On attaque.

1/ Suicide scénaristique

Je considère que ce Star Wars 8 est pire que le 7. Pourtant, à bien y regarder et vous allez le voir, il est meilleur... Mon problème, c'est que j'avais parfaitement raison dans ma critique de Rogue One sur mes craintes, car Disney a parfaitement entendu les critiques énoncées par le public... Et plutôt que de les comprendre, ils ont voulu les corriger, voire pire s'en moquer.

Ainsi, exactement comme Justice League qui ne pouvait s'apprécier qu'en omettant d'où il venait, cet épisode 8 ne pourrait être un bon film qu'en oubliant volontairement d'où il vient, à savoir l'épisode 7 et pire encore la trilogie originale.

Vous trouviez Kylo Ren ridicule, et son échec face à une pécore dans un duel au sabre vous est resté en travers de la gorge ? Regardez, le grand méchant aussi, dès l'introduction il écrase son "apprenti", le traitant comme un moins que rien inapte et débile, avec un casque qui n'est qu'une parodie de Vador. Résultat, Kylo détruit le masque, et c'est presque un clin d'oeil complice jeté au spectateur : "regardez nous aussi on le trouve ridicule". Le bon choix aurait été justement de prendre ce masque et de lui donner corps, de faire de lui un intérêt. Mais non, on ne va pas tenter de justifier les erreurs, on va juste les éclater et les passer sous silence.

Et pourquoi Snoke en veut soudain à Kylo Ren ? Aux dernières nouvelles il voulait qu'il le rejoigne pour terminer son apprentissage... Mais non, comme le public a craché sur ce pauvre Ben Solo, on doit avoir un genre de scène gênante ou le méchant lui passe un savon et le gronde...

Entendons que le message est intéressant, sauf qu'il est tout à fait contraire à celui de l'épisode précédent. J'entends bien que des choses peuvent différer, mais il est nécessaire selon moi lorsqu'on suit une trilogie d'aller dans le sens de ce qui a été dit précédemment, même si on n'est pas d'accord. C'est trop facile de juste rigoler en disant "nous ne parlerons plus de ça", surtout après nous avoir rabaché que c'était un si bon épisode.

Leur sens du ridicule va jusqu'à parodier les critiques faisant des vaisseaux de Star Wars des fers à repasser en affichant la comparaison. On va dans le sens du cynisme, on n'oublie pas de vous mettre à genou et d'y aller à coup de gravier.

2/ La Menace Fantôme

Ce Star Wars VIII commence, et on le savait, quelques instants après l'épisode 7. Le panneau commet déjà une erreur vu qu'il explique que le premier ordre règne sur toute la galaxie, sauf que cette mainmise n'a pas de sens dans les 2 longs-métrages. Admettons que la destruction du système de la Nouvelle République ait créé un chamboulement... Néanmoins le Premier Ordre a perdu une base impressionnante, l'équivalent d'une planète entière il y a quelques heures.

Notre République s'effrondrerait-elle si demain quelqu'un faisait exploser l'Elysée ET le parlement ? Deviendrions-nous subitement des impérialistes ? Encore une fois je veux bien qu'on parle de mainmise, mais encore faut-il qu'on nous la montre. Il n'y a sur aucune planète que nous voyons une forte présence du Premier Ordre, voir même un soldat.

Le film subit donc une erreur de base, et qui va continuer graduellement jusqu'à en devenir malade : La menace n'existe pas. Sitôt le film commence qu'un énorme destroyer "dreadnought" apparait. Tellement effrayant que Poe fait des pitites blagounettes de téléphone "eh, je te capte pas", avant de l'exploser cinq minutes après.

Et c'est pareil avec la flotte de Snoke, sorte de rassemblement de tous les vaisseaux du Premier Ordre ainsi que de son énorme croiseur personnel. Pouf, partis à la fin du film.

Je reviendrai plus tard sur la pire déception de ce principe, mais restons juste sur le fait que la menace, quelle qu'elle soit, est souvent écrasée au profit d'une scène avec ce qu'il faut de larmoyance et de morts de personnages secondaires.

Donc, dans cet Episode VIII, on suit la Rebellion qui doit fuir la flotte du Premier Ordre. La fuite se déroule sur quasiment deux heures des deux heures trente du film, et ne vous inquiétez pas, on reviendra très régulièrement sur la "course-poursuite" pour voir le Premier Ordre tirer deux trois coups de canons, voir le général Hux crier sur des gens, et Poe faire des blagues.

Difficile de juger dès lors de la menace, surtout quand on considère la vacuité de l'Empi... Pardon le Premier Ordre qui se contente de tirer de temps en temps, et n'essaye jamais de faire autre chose que suivre avec toute la flotte ce vaisseau amiral. Pourquoi ne pas envoyer la flotille de TIE fighters ? Essayer une manoeuvre de contournement grace à la vitesse lumière ? Faire quelque chose.

Sans compter que toute cette histoire, un des points majeurs de cet épisode 8, est un plagiat éhonté. Oui, si vous avez trouvé ça original, je me permets de poser ça là : https://www.youtube.com/watch?v=q2x14ZhEc9k

Oui, cette intrigue, ce fil rouge de l'épisode n'est qu'une honteuse réappropriation d'une des meilleures séries de SF qui soit : Battlestar Galactica. Le navire amiral en fuite, poursuivi par une flotte, et qui essaye de trouver une planète pour se sauver après que leur système a été détruit... Battlestar Galactica, et la série réussit largement mieux à nous faire ressentir quelque chose alors qu'elle a près de 20 ans.

3/ La relativité du temps et de l'espace

Mais l'un des principaux défauts de ce Star Wars, justement en lien avec ce fil rouge, et la lenteur abyssale du rythme. Il dure 2h30 ce film, et c'est long... Tellement long... Et tellement court à la fois.

Souffrant du même problème que son prédécesseur (ils ont tourné en pellicule), il en résulte que la moitié des plans sont mal cadrés, avec des flous terribles dans chaque arrière-plan. Et comme Ryan Johnson adore les gros plans, on peine à voir de la qualité dans ce métrage. Comme souvent, on me rétorquera que le principal, c'est que le centre de l'image soit net, parce que c'est ça qu'on regarde... Alors oui, mais à ce rythme on va finir par me dire qu'en fait, au cinéma, les images on s'en fout.

Les faux raccords d'espace, de mouvements, et de situations s'enchainent. Ben oui, vu que Rey reprend exactement là où on l'avait retrouvée, du moins sur l'île, on doit bien enchainer sur cette idée stupide de garder le bras tendu avec le sabre. Résultat, elle ne sait jamais où se placer, et fait un bond de 3m en deux plans... Pour des retrouvailles solennelles on repassera...

Comme les enjeux ne se renouvellent pas tout le long du film (Luke doit revenir, les rebelles doivent se barrer), la corde s'étire dans un rappel constant lié à l'urgence des propos. Sauf que pour saisir cette urgence, on oublie systématiquement de s'arrêter quelques instants pour se poser les bonnes questions, et on court très vite en faisant peu de choses.

Le film enchaine donc péripétie sur péripétie pour faire croire insidieusement qu'il se passe beaucoup de choses. Mais si on regarde à la fin, les personnages sont toujours en situation de fuite pour les uns, en poursuite pour les autres, Rey n'a pas été entrainée, elle n'a pas découvert ses parents. A peine Finn et Kylo Ren ont-ils eu une évolution, qu'elle est de fait balayée par le récit.

Parce qu'au final, sur ces deux heures trente, qui racontent vingt-quatre heures (à peu près vu le chronomètre continu de la flotte), rien n'a changé, si ce n'est que la Résistance compte maintenant quatorze personnes, et une bande de gamins débiles sur une planète pourrie. On pourrait s'inquiéter mais vu que leurs adversaires c'est aussi quatorze personnes, commandées par des gamins débiles, ils ont leur chance.

En fait, la conclusion de cet épisode, c'est que la galaxie se fout du Premier Ordre, de la Résistance/Rebellion, et de ce qu'il se passe... Et on devrait l'imiter.

4/ Et la Force devint Farce.

Je pense aussi que les fans de l'Episode 7 ont contribué à détruire cet Episode 8. Faisant du moindre détail une théorie, et donnant à la moindre phrase une importance, ils ont provoqué deux des plus gros problèmes de cet épisode : Le méchant, l'entité terrible censée gouverner le Premier Ordre et maitriser le côté obscur comme personne meurt à la moitié de ce film comme une merde, et les parents de Rey n'ont aucun intérêt.

Eh bien oui, quand on n'écrit pas vraiment d'où vient Snoke, où qui a bien pu accouché de Rey, et que d'un coup les spectateurs s'emparent de ça pour combler les trous et les vides, on prend le risque de les décevoir avec la révélation. Donc on la recule, on l'évacue au profit de blagues et autres désaveux, parce que comme ça on recule aussi la prise de risque de voir les déçus de l'annonce, les gens se creusent encore la tête pendant 2 ans, et nous on vend des T-Shirts.

Sincèrement, il y a peu de chances qu'on ne sache pas un jour d'où vient Snoke. Le coup de génie de Disney serait de sortir un roman, une BD, ou n'importe quoi du même style, afin d'éviter de graver cette vie dans le marbre. De la même manière, les parents de Rey ne sont que des ombres sur un tableau, et comptez sur eux pour se creuser la tête pour essayer de vous donner la réponse que vous n'attendiez pas... Sauf qu'à force de ne pas s'y attendre, ils n'ont pas d'autres choix que d'introduire de nouveaux personnages pour ça, où aller à l'encontre des anciens.

De la même manière, vous vous souvenez la scène finale avec Luke ? A l'époque déjà j'avais appuyé l'aspect quasi sacrée de la chose, qui parvenait à fournir une émotion réelle après deux heures de vide. Et bien c'est détruit, en presque cinq secondes quand Luke jette comme un vieux chiffon le sabre. Vous vous souvenez, ce sabre si fondamental, si nécessaire à vos théories pour tenter d'expliquer l'Episode 7 ? Eh bien voilà, il n'est rien d'autre qu'un bout de plastique, un objet banal.

Puisqu'on traite des aspects ridiculisés de cette Force, et de ses possesseurs... Comment ne pas traiter la scène avec Leia ? Après une bombe lancée par des chasseurs TIE sur leur pont (preuve que leur vaisseau amiral pouvait être anéanti par eux), Leia est projetée dans le vide Intersidéral. Sans aucune planète à l'horizon, on peut considérer qu'il s'agit bien de vide spatial. Après avoir apparemment gelé, elle se paye le luxe de remuer le petit doigt et soudain, elle ouvre les yeux.

On voit alors Leia, dans une scène atroce, se projeter vers le vaisseau grace à la Force, et donc se sauver d'une température équivalente à -180°C. On va encore me dire "nan mais TGCF, Ta Gueule C'est la Force", et vous voulez que je vous dise : admettons. Admettons que Leia ait été entrainée, que c'est la première chose qu'on la voit faire, et la seule, admettons qu'elle puisse survivre. Mais ça devait ressembler à Mary Poppins ? La scène est déjà un hommage aux Gardiens de la Galaxie dans le mauvais goût, mais il fallait en rajouter ?

La Force ne souffre pas autant que dans le métrage précédent, mais elle prend encore trop cher. Que dire de cette arrivée de Yoda, dont ils ont exhumé la marionette, et qui soudain fait tomber la foudre ? Parce que maintenant les Spectres de la Force peuvent toujours agir sur le monde physique ? Yoda se fout littéralement de la gueule de Luke, et pire que tout applique une idée qui pourrait sauver ce film. Oui, il s'en est fallu d'un poil de cul que ce film se rattrape aux branches... Mais c'était ignorer la volonté de ses créateurs.

5/ La stratégie de l'échec

"L'échec est le meilleur des maitres" nous dit Yoda. Vu les échecs que représente chaque personnage, j'ai envie de dire qu'ils ont reçu chacun une dizaine de leçons, ainsi que l'équipe même du film.

Commençons par Finn, qui accompagné de Rose (oui, les noms de ce Star Wars ne volent pas haut) a une mission. Une mission. En effet, après que ce cher ex-stormtrooper ex-garçon de ménage a tenté de se barrer, et s'est fait taser par Rose (une nana qui bosse dans les tuyaux), ils décident d'aller détruire le traqueur sur le vaisseau de Snoke pour permettre à la flotte de fuir.

Pour ça, ils ont besoin d'un hacker capable de décrypter les codes sur place. Maz, qui était juste là pour faire coucou (ridicule... Tout ceci est ridicule), leur indique un individu, qu'ils n'iront jamais voir. A la place ils dénichent Benicio Del Toro, qui joue le personnage le plus intéressant du métrage. Oui j'ai adoré ce personnage de cyborg. Ce type a un passé, un présent ET un avenir, est bien introduit, et a un réel but concret. Tout ça en quelques minutes à l'écran, donc c'est pas compliqué bordel.

La blague étant que l'action de Finn et Rose, ainsi que par essence celle de Poe condamnent la flotte qui commence à se faire bombarder. Ben oui, parce que si l'autre abruti avait juste posé son cul, fermé sa gueule, tout le monde serait en vie à part le vice-amiral Holdo... Autre personnage introduit dans cet épisode. Je l'aimais bien... On pouvait pas faire un échange ? On laisse crever Poe et on garde Cheveux Roses.

L'échec n'est pas que dans le camp du bien, le camp du mal ayant son lot de boulets ridicules. Je salue la hype sur les nouveaux gardes impériaux. Je me demande encore à quoi ils servent, vu que leur chef se fait dessouder et qu'ils mettent plusieurs secondes avant d'enfin atteindre les assassins, pour enchainer sur une bataille ridicule... Les ninjas rouges ont encore du mal à tuer la petite nana de Jakku, mais comme ce sont pas des personnages principaux j'imagine que c'est cohérent.

L'autre échec du film reste Phasma. Mais si, vous vous souvenez ? La stormtrooper ultra hypée, survendue, et qui se faisait défoncer dans l'Episode 7. Elle est de retour, parce que quand même son personnage a été humilié, il fallait donc lui redonner ses lettres de noblesse. On l'a donc à nouveau ultra hypée, survendue, et elle se fait défoncer en quelques secondes après n'avoir servi littéralement à rien. Vous doutez ? Combien de personne a tué Phasma ? En deux films ? Cherchez pas, zéro.

Mais cette théorisation de l'échec est centralisée sur Luke. Luke a échoué avec Ben Solo, et c'est à cause de ça qu'il a décidé de se retirer, parce que les jedis sont selon lui des êtres orgueilleux, qui ont conduit à la fin de la République, et qui étaient idéalisés tels des dieux. Ah ? Tu te bases sur lequel des deux jedis que tu as connus pour l'orgueil ? Le mec qui s'est retiré dans le désert et de tout pour te protéger, et a laissé son ennemi le vaincre pour laisser un nouvel espoir pour la galaxie ? Ou celui qui vivait dans des marécages, faisait 90 cm et t'a permis de dépasser ton être et de devenir celui que tu étais destiné à être ?

Je veux bien qu'on me dise que les jedis étaient orgueilleux, mais si on observe ce qu'on a vu, le plus orgueilleux... Pardon le seul jedi orgueilleux qu'on ait vu, eh bien c'était Anakin Skywalker. Et encore, c'est parce que tout le monde lui disait qu'il était l'élu. Mais non, vu ce que représente réellement les jedis, il fallait bien que Disney les démonte. Imaginez, des êtres de pure spiritualité dans un univers incohérent, c'était impossible.

Ils auraient néanmoins pu réussir quelque chose. Parce que je veux bien qu'on anéantisse tout ce qui faisait Luke Skywalker. Oui, en y réfléchissant ils tenaient quelque chose dans la conclusion de ce film sur la relation Luke - Rey. Luke avait échoué avec Ben, il pouvait ne pas reproduire ça avec Rey, et il se devait même de réussir avec elle pour devenir enfin un maître (soit celui qui transmet son savoir). La route de Luke n'était donc pas finie, et nous allions assister à la fin de son trajet.

C'est con, il est mort dix minutes plus tard, après avoir projeté un hologramme à travers la galaxie auquel on ne croit pas trois secondes. Oui, cette scène est ridicule, parce que justement c'est un hologramme, et qu'on ne peut pas imaginer que ce soit autre chose. Il utilise le sabre laser bleu qu'on a vu être détruit quelques minutes plus tôt, tout comme Kylo Ren, qui était bien là au moment où il s'est brisé (mais ça lui met pas la puce à l'oreille). Ca aurait été beaucoup intelligent qu'il "prenne" son sabre laser vert, notamment pour la peur que cette vision pouvait évoquer à Kylo... Mais il fallait réfléchir, et c'est dur.

6/ Héros, et message

Avec tout ça, on se demande bien l'évolution de notre cher personnage principal : Rey. Mais si vous savez, la fille là, qui... Ben, elle habitait Jakku... Et... Elle récupérait de la feraille. Et elle était combative, et passait son temps à manger dans un TB-TT en mettant un casque de pilote rebelle.

On l'avait quittée pour qu'elle suive un enseignement jedi. Enseignement qui se résumera aux entières images de la bande-annonce : elle est assise en tailleur, Luke lui demande de ressentir la Force. Et elle zappe sur history channel. Non, je ne ris pas, c'est exactement ce qu'on attendrait d'un documentaire animalier sauf qu'au lieu des mouettes on a droit à des hamsters-canards tarés.

Là, elle perçoit la Force. Et si on a eu droit à un zoom sur des images de plantes vertes, n'espérez pas une petite prise de risque pour qu'on voie cette Force justement. Non, ça aurait été trop intéressant, autant juste voir Daisy Ridley en gros plan pendant qu'elle parle de ces choses.

Et soudain, elle voit ce qui ressemble à l'anus de l'île (après la paire de sein que va tripoter Luke, c'est pas si choquant). Cette antre du côté obscur l'appelle, et c'est tout naturellement qu'elle ira dedans pour... Eh bien claquer des doigts, toucher le miroir du Rised, et se rendre compte qu'elle désire surtout changer de coupe de cheveux.

Je vous ai résumé l'évolution de Rey. 2h15 pour l'Episode 7, 2h30 pour l'Episode 8. Quel est le but de Rey ? Où est-ce qu'elle va ? Nulle part, aucune évolution, aucun enjeu, aucune personnalité. A ce stade de son histoire, Luke avait sauvé une princesse rebelle, détruit une étoile noire, mené une attaque contre des TB-TT, mené un entrainement sur une planète pourrie, affronté ses ténèbres intérieures, perdu une main, découvert qui était son père.

Pardon, elle a un but, celui d'aller sauver Ben Solo, et l'amener vers le chemin lumineux de la Force. Elle découvre lors de sessions skype du plus bel effet que son esprit est toujours en proie au doute (le but est tellement assumé de faire disserter les fans sur une attirance amoureuse qu'ils se permettent une phrase issue de Twilight... DE TWILIGHT les gens !) Elle décide même de confronter Luke pour lui rappeler qu'en son temps il avait sauvé Vador.

Sauf que Dark Vador était son père. Qui est Kylo Ren pour Rey ? Je veux dire réellement ? Elle l'a rencontré, il l'a torturée, puis elle l'a vu tuer sous ses yeux son père... Et quand elle lui demande des explications, il assène un simple "laisse mourir le passé pour devenir ce que tu es destinée à être." Et donc, vu que le personnage qui a le plus de développement est Kylo Ren, on doit en conclure qu'IL est le personnage principal. Analysons ce qu'on en dit de ce personnage.

Je ne vais plus parler de son côté émo-goth ridicule. Tout le monde l'a dit, ça n'a pas changé, et je ne vais pas me répéter. Non, on va se contenter de confronter sa vision des choses à celle de son grand-père, et pourquoi c'est dangereux.

Qu'est-ce qui fait que Vador est passé du côté obscur ? Quel est l'apanage du Mal dans la Mythologie ? Ni l'amour, ni la peur, ni la haine. Ce sont des biais, des sortes d'excuses qu'on va utiliser pour justifier leur passage de l'autre côté de la ligne. Le fait est que le Mal, c'est surtout l'absence de choix.

Parce que oui, on doit considérer que le côté obscur est le chemin de la facilité, et tout comme le fascisme ne fonctionne que parce que les gens refusent de choisir, refusent de réfléchir et acceptent qu'on leur donne les réponses aux questions qu'ils se posent. Luke pousse son père à choisir, justement en acceptant de se sacrifier au profit de ce seul choix.

Le mal ne choisit pas d'être le mal. Il l'est soit parce qu'il fonctionne ainsi et c'est l'adversaire (Palpatine, Voldemort, Sauron...), soit parce qu'il croit que c'est la seule voie pour sa survie et c'est la némésis (Vador, Malefoy, Gollum...)

Kylo Ren, alors qu'il pourrait se sauver, choisit de faire le mal. Sans contrainte, sans hésitation. On assiste à un débat où un enfant se fanatise au contact d'une entité du mal, puis revient terroriser la galaxie au point que sa mère déclare qu'il est perdu, et que la seule chance pour son fils est de le tuer... Ca ne vous évoque rien ? Vous ne trouvez pas ça légérement perturbant ?

Kylo Ren n'est rien d'autre que la vision de Disney Wars du radicalisme religieux actuel, et la solution de Disney c'est "tirez dans le tas, Dieu fera le tri"... Mais bien sûr ceci n'est pas dangereux. J'avais déjà cet avis dans le précédent, mais là on ne peut pas nier cette analyse, c'est dit en toutes phrases par Leia... Sans concession possible.

7/ Bilans

Star Wars 8 est une douleur, un film qui s'emploie à détruire toute trace de la mythologie sur laquelle reposaient les deux trilogies initiales. Niant toute recherche intellectuelle, il n'appelle pas à un dépassement de soi, mais plus à un renoncement de ses principes et de ses idéaux, au profit de cette bague en plastique qu'on ne manquera pas de retrouver dans tous les magasins... Ne sachant jamais sur quel pied danser, il tente maladroitement d'amener à une conclusion qui fait office de prologue, et on a soudain l'impression d'avoir regardé 5h de films pour nous annoncer enfin leur reboot.Sauf qu'il s'agit bien d'une trilogie, et qu'on voit mal comment ils pourront conclure ces deux épisodes en un seul film, tant il reste de choses à raconter.

Film malaisant, maladroit, sans doute porté honnêtement par son réalisateur, il se moque de tout, et annonce avec cynisme la fin d'un rêve, d'un cycle, d'un appel à l'aventure que constituait originellement Star Wars. Plus série que film, il s'attarde sur des messages convenus à base de camp du bien (allant jusqu'à signifier la découverte du végétarisme à un carnassier, parce que les poulets-hamsters c'est trop meugnon), un genre de melting pot où tout ce qui compte est d'avoir le tiercé gagnant des minorités. Sans même réfléchir à donner un vrai corps à ses personnages. Ils ne sont plus que des identités passagères, et on attend de voir qui sera l'homosexuel, qui sera le transgenre, mais ce qu'on aimerait surtout savoir, c'est qui sera un vrai personnage dans tout ça.

En tout cas pour moi la blague s'arrête ici. Peut-être irai-je voir la suite, un goût d'amertume en bouche, mais je ne souhaite plus évoquer cette nouvelle trilogie comme étant Star Wars. Star Wars se finissait sur une victoire contre l'Empire, menée par des héros qui savaient faire rêver, et qui demeureront à jamais dans les étoiles.

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